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Israël, état génocidaire?

Publié le par Jean Fred

il est difficile parfois de faire marche arrière ou plutôt de faire une mise à jour de ses propres idées selon les infos que l'on reçoit, ou pas. Je parlais dans un post ultérieur de deux ONG israéliennes qui alimentent les dires bien souvent nauséabonds d'une certaine classe de nos politiciens. C'est donc difficile de reconnaître ce qui devient évident.

B'Tselem et Physicians for Human Rights, deux organisations de défense des droits humains israéliennes, ont étudié la situation dans la bande de Gaza pendant plus de 20 mois avec pour constat : l'État hébreu commet un génocide.
« Rien ne vous prépare à réaliser que vous faites partie d'une société qui commet un génocide. C'est un moment profondément douloureux pour nous », a indiqué Yuli Novak, directrice exécutive de B'Tselem, dans un communiqué publié en parallèle d'une conférence de presse de présentation des rapports à Jérusalem.
Le rapport de son organisation, une institution vieille de plus de 35 ans, compile une étude de témoignages, statistiques et évènements de la politique israélienne sur « plus de 20 mois ». « L'examen de la politique israélienne dans la bande de Gaza et de ses conséquences horribles ainsi que les déclarations de hauts responsables politiques et militaires israéliens sur les objectifs de l'attaque, nous amènent à la conclusion sans équivoque qu'Israël mène une action coordonnée visant à détruire intentionnellement la société palestinienne dans la bande de Gaza », affirme cette enquête.
L'ONG médicale PHRI s'est concentrée sur le « démantèlement délibéré et systématique du système de santé de Gaza » et conclut que les opérations menées à Gaza « répondent aux critères de génocide tels que définis dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, dont Israël est signataire », d'après le communiqué conjoint des deux ONG.
Que dire? Qu'il est temps que netanayu se barre et avec lui les deux ordures extrêmistes qui sont au gouvernement et qui sont les véritables instigateurs de ce génocide, puisqu'il faut bien le qualifier ainsi aujourd'hui. Je ne me suis jamais senti responsable de quoi que ce soit concernant ce conflit, ne serait-ce que moralement, mais je mentirais si je ne disais pas que j'ai honte pour ce pays que je pensais être une terre promise pour beaucoup des miens. J'ai quelque part au fond de moi un léger espoir d'erreur et que l'on vienne me prouver que de génocide ça n'en a que le nom. Je ne sais plus trop en fait....
Je ne suis tout de même pas dupe de la manipulation médiatique que l'on peut faire sur ce conflit. Nous avons vu un enfant mal nutrit en première page de quotidiens ou d'infos et qui naturellement appelait une énorme empathie sauf que cet enfant n'était pas de Gaza et qu'il était malade, non pas de la faim mais d'une maladie dont j'ai oublié le nom. il doit être du reste, décédé depuis 1 ou 2 ans.

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Un jour, il tombera

Publié le par Jean Fred

Ca va de toute façon très mal se terminer pour netanyahu, il est judiciairement parlant à la merci de très sérieux problèmes.. Et maintenant 2 ONG juives et israéliennes, se sont élevées contre lui, et contre sa politique sur Gaza et sur la volonté profonde de réduire à néant le peuple palestinien à Gaza mais également en Cisjordanie. Je pense qu'il ferait mieux d'être totalement focaliser sur la libération des otages, vivants et morts et ensuite se retirer de Gaza. Pour se faire, éviter de s'en prendre à la population qui même s'il parfois elle me cacher des militants du hamas, est en très grande partie, innocente.. les 2 ong parlent de génocide à leur tour et cette fois-ci, c'est de l'intérieur d'Israël que ça vient.. La situation a de toute façon, finie par se retourner contre les juifs d'où qu'ils soient. En France aujourd'hui, on a peur !! et ça doit être pareil dans les autres pays. Netanyahu a contribué à ce que cette peur grandisse et que surtout, les actes antisémites explosent. Et tump cet abruti a contribué également à tout ça. tout le monde se demande comment l'Amérique peut être mériter un tel président. Aujourd'hui, c'est Israël qui se le demande pour son premier ministre. En attendant, le peuple a peur et je le sais vu qu'une partie de ma famille y vit! le peuple en a marre !!! le peuple veut le retour des otages qui restent au fond des tunnels. le peuple veut que les corps des morts soient restitués aux familles et le peuple, ne veut plus de Netanyahu.

Aujourd'hui bien planqué dans son bunker aussi bien que le hamas dans ses tunnels, il a toujours son petit sourire narquois et il piétine la peine des familles endeuillées.. La reconnaissance de la Palestine en tant qu'état n'est pas pour demain de toute façon puisqu'il n'y a pas de pays à proprement parlé. la Cisjordanie c'est 3 villes c et la bande de Gaza quasiment détruite, voilà ce qu'est un éventuel état Palestinien car Israël ne rendra jamais la Cisjordanie.. D'ici en France, ce que l'on voit c'est qu'un pays souffre d'antisémtisme notoire et décomplexé, souffre de voir des images émanant de la communication du hamas mais jamais contredit par Tsahal tout comme le nombre de victimes. Alors on fait quoi? Ca dure encore combien de temps? Quand va t'on s'occuper réellement des otages restants, vivants ou morts, quand??

Quant à nous en France et en Europe, on ferait mieux de véritablement se polariser sur l'islamisation extrêmiste et notamment sur les frères musulmans qui ont infiltrés pas mal d'administrations comme l'éducation nationale et surtout le sport.. que l'on prenne ce dossier sérieusement en main!!

Un jour, il tombera

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Le chant des partisans pour tous les opprimés

Publié le par Jean Fred

il a été chanté, lors de commémorations d'où je reviens,  "le chant des partisans" et durant le morceau m'est venu en tête des choses comme par exemple, analyser exactement les paroles. Ce chant est terrible mais il en est beau. Je me suis dit qu'il suffirait d'en changer quelques mots, quelques noms et il s'adapterait parfaitement aux partisans Ukréniens.. aux partisans de pays agressés, attaqués.. qu'il s'adapterait parfaitement à Israël autant qu'aux autres... C'est un chant d'espoir puisqu'il a été fait pour soulever la foule! soulever les courageux, ceux qui ont prit les armes! ceux qui n'ont jamais accepté! un chant interdit aux lâches, aux collabos! interdit à ceux qui ne bougent pas, à ceux qui ne s'engagent pas, ne serait-ce qu'intellectuellement.
Ce chant est né à Londres en mai 1943. La musique, composée par Anna Marly, viendrait d'une mélodie russe. L'air plut à Joseph Kessel, qui cherchait un indicatif à l'émission « Honneur et Patrie ». Il décida donc, avec Maurice Druon, d'écrire de nouvelles paroles.
 
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé ! partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes…

Montez de la mine, descendez des collines, camarades
Sortez de la paille, les fusils, la mitraille, les grenades…
Ohé ! les tueurs, à la balle ou au couteau tuez vite !
Ohé ! saboteur, attention à ton fardeau… dynamite !

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères,
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère…
Il y a des pays où les gens au creux du lit font des rêves
Ici, nous, vois-tu nous on marche et nous on tue, nous on crève…

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe…
Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain, du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Sifflez compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute…
Le chant des partisans pour tous les opprimés

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Un état palestinien reconnu par la France ?

Publié le par Jean Fred

J'ai toujours été plus ou moins, pour un état palestinien. c'était me semblait t'il une façon d'assoir les choses et de péréniser une paix qui n'était que relative. Cette proposition d'état palestinien leur a été proposé il y a des années et des années. Proposition qu'ils not refusé, oui refusés, eux! bon.. Aujourd'hui on sait que le hamas a une branche "diplomatique" et une autre "armée". on sait que la diplomatique, est fantôche et n'a absolument aucun pouvoir au sein de Gaza. On sait que c'est la branche armée qui affame, qui exécute, qui se sert des innocents gazaouis pour se protéger et qui bien sûr recrute ses soldats de grès ou de forces et que surtout qu'ils ont fait la plus grosse tuerie de masse qui soit, après les attentats du 11 septembre. Aujourd'hui la France par le biais de son président macron décide de reconnaître un état palestinien. il y a quelques conditions à cela, comme la libération des otages, morts ou vivants.
Et bien aujourd'hui, je suis contre cette reconnaissance,  parce que ça a prit une dimension tellement différente! Aujourd'hui, on déclarerait qu'un état palestinien serait reconnu par un et déjà des pays démocratiques, où la liberté de penser, de faire ce que bon nous semble est de mise. Alors que le futur état palestinien est au main de terroristes, de barbares? Reconnaître l'état palestinien constitue aujourd'hui, de l'antisémtisme reconnu, ouvert à toutes et à tous. C'est mettre un tapis rouge sous les pieds de melenchon et surtout de la représentatnte du hamas, députée européenne, rima hassan. macron en faisant ça, tu déshonnores les paroles de De Gaulle ! mais après tout on s'en fout, c'est vieux, mais surtout tu déshonnores la france en lui rappelant qu'elle fut pro nazi il n'y a pas si longtemps et qu'elle fut celle et par sa propore initiative, a réalisé la rafle du vel d'hiv, les dénonciations, la collaboration. ce que l'on a donné aux nazis, nous le donnons aux islamistes. honte à toi macron....
Un état palestinien reconnu par la France ?

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Des ecrits de jeunes russes sous Staline - tiré du magasine GEO

Publié le par Jean Fred

Sous Staline, quelques adolescents ont écrit de bouleversants journaux intimes. Voici ce qu'ils disent

Le contenu de vingt-cinq journaux intimes d’adolescents rédigés entre 1930 et 1941 ont été publiés dans une étude particulièrement novatrice. Ces témoignages saisissants révèlent leurs angoisses et les préoccupations : la famine, la violence, l’amour et, bien sûr, la guerre.

"Les tests et examens ne devraient pas définir la vie, non?!... Mais qu’est-ce que la vraie vie? Prenons mes parents : ils vivent et travaillent à la sueur de leur front. Peut-être est-ce cela, "la vie"? Si c’est le cas, Dieu nous en garde. Peut-être que la "vraie" vie, c’est l’armée, la guerre, le front?". Cette réflexion terriblement déprimante n’est pas celle d’un personnage de Fiodor Dostoïevski ou d’Anton Tchekhov mais elle aurait pu. Et pour cause, c’est celle de Sergueï Argirovski, un jeune soviétique de 19 ans en janvier 1941.

Des témoignages historiques rares

Comme ceux de vingt-quatre de ses homologues, le journal de cet adolescent a été publié dans une étude menée par Ekaterina Zadirko, chercheuse en études slaves au Trinity College de l’Université de Cambridge. Relayé par le site Phys.org, ce document a d’original que rares sont les historiens à s'être préoccupés de ce qui traversait l’esprit de la jeunesse de l’URSS de Staline. Ils leur ont souvent préféré une étude plus traditionnelle des faits, basée sur des documents officiels et des témoignages de personnages de premier plan, ou simplement ceux d’adultes.

"Les chercheurs ont tendance à écarter ce qui se trouve dans ces journaux comme de simples préoccupations adolescentes" explique Ekaterina Zadirko. Et d’ajouter : "Mais dans la Russie des années 1930, l’écriture était une méthode centrale pour passer de l’adolescence à l'âge adulte et trouver sa place dans la société. Même si leur journal restait un document privé, écrire avait pour ces jeunes une importance capitale, presque existentielle."

La faim, toujours la faim

Sans surprise, l’un des thèmes récurrent de ces textes est la famine qu’ont connue les Soviétiques les plus pauvres, à commencer par les paysans qui produisaient pourtant la nourriture. "Notre père a été envoyé en Sibérie… nous étions affamés. Nous avons commencé à aller dans les champs et à y attirer les spermophiles [de petits rongeurs aussi appelés écureuils terrestres, ndlr] pour les manger", écrit ainsi Ivan Khripunov, 18 ans, en septembre 1941.

Ce texte est profondément politique puisqu’il raconte ensuite que la condamnation de son père n’est pas un hasard. "La famine n’a pas éclaté à cause d’une mauvaise récolte mais parce que toutes les récoltes ont été réquisitionnées. [...] Pour n’avoir pas cédé le grain qu’on nous avait pris, notre père a été envoyé en Sibérie… Sans pain… et sans notre père, nous étions affamés… nous ramassions les épis (il était interdit de le faire, et plusieurs fois, les surveillants ont pris les épis et nos sacs) ; nous rapportions les balles et faisions des galettes avec."

Les dangers de l’écriture et de l’amour

Bien qu’ils s’inscrivent dans la tradition des grands diaristes russes, certains de ces textes auraient pu valoir le goulag à leurs auteurs. "Je ne pense pas qu’Ivan se rendait compte qu’il faisait quelque chose de potentiellement dangereux", explique encore la chercheuse, "En imitant Gorki, Ivan suivait des conventions littéraires établies, mais ce faisant, il transgressait les règles de l’autobiographie publique stalinienne en abordant des sujets tabous. Ce n’était pas une expression consciente de dissidence politique, mais un conflit entre modèles culturels."

Autre sujet récurrent dans les écrits de ces jeunes hommes : l’amour. Et là encore, ils font face à un conflit de taille, entre les émotions qu’ils ressentent naturellement et le modèle extrêmement strict que leur enseignent les institutions soviétiques. "On incitait les jeunes à ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage, à d’abord établir une amitié et à choisir un partenaire qui serait un camarade, quelqu’un qui vous rendrait meilleur", raconte Ekaterina Zadirko à ce sujet.

Le plus révélateur de ces textes est à nouveau à attribuer à Ivan Khripunov : "À l’étranger, l’amour est le but principal de la vie… Pour nous, l’amour est une préoccupation secondaire. Le plus important, c’est le travail collectif. Nous disons rarement le mot 'amour.' … Je suis tombé amoureux d’une fille, mais elle ne m’aimait pas… Dans mes pensées, je voulais seulement la regarder et ne pas souiller mon être tendre avec des rêves de rapports sexuels."

La guerre et la mort

Enfin, il y a la guerre, qui se ressent dans les textes comme dans leur absence. En effet, plusieurs des journaux s’arrêtent lorsque leurs auteurs sont appelés à rejoindre l’Armée rouge et à partir au front. "Une nouvelle vie commence. C’est pourquoi j’ai écrit mon autobiographie… La guerre fait de tout le monde des adultes. Je pensais être un garçon, mais maintenant, je suis enrôlé comme un adulte", analyse Ivan un an avant de disparaître au front sans que la date exacte de sa mort ne soit connue.

"Il ne faut pas trop exotiser les vies soviétiques", commente simplement Ekaterina Zadirko à ce propos. Elle conclut : "L’idéologie soviétique a façonné les gens, mais ils n’étaient pas complètement embrigadés. Il n’y avait pas simplement ceux qui y croyaient d’un côté et des dissidents de l’autre. [...] Les journaux montrent que les Soviétiques, y compris les adolescents, étaient tout cela à la fois, essayant d’assembler leur identité et de comprendre le monde avec ce qu’on leur avait donné."

 

 Des ecrits de jeunes russes sous Staline - tiré du magasine GEO

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Yom Kippour et le sermon qu'elle ne voulait pas écrire par Delphine Horvilleur

Publié le par Jean Fred

Yom Kippour et le sermon qu'elle ne voulait pas écrire par Delphine Horvilleur

Delphine Horvilleur est une rabbin en la ville de Paris. Et un 24 septembre 2023, si près du 7 octobre, elle fit un sermon qu'elle ne voulait pourtant pas faire mais on fêtait yom kippour, le jour du grand pardon et c'était surtout les 50 ans de la guerre du même nom...

ça sera donc un lien car le discours n'est pas autorisé au copier/coller.. il est intéressant de cliquer sur ce lien afin d'y voir ce sermon. Moi qui suis athée, il m'a tout de même fortement intéressé. C'est sans doute ce que l'on appelle aussi, l'ouverture d'esprit.  

 

 

Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant « pardon ». Pas simplement parce que c’est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais énoncer en une seule phrase : « J’ai essayé, vraiment essayé de ne pasécrire le sermon que vous vous apprêtez à entendre. Mais je n’y suis pas arrivée. » 

Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant « pardon ». Pas simplement parce que c’est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais énoncer en une seule phrase : « J’ai essayé, vraiment essayé de ne pasécrire le sermon que vous vous apprêtez à entendre. Mais je n’y suis pas arrivée. » 

Je me suis dit, encore et encore, que ce n’était pas une bonne idée, que je ferais mieux de parler d’autre chose, qu’on risquait de se fâcher… 

Et puis, en l’écrivant, j’ai beaucoup pensé à ce dessin de presse si célèbre, publié au moment de l’affaire Dreyfus. Vous connaissez forcément cette image : on y voit une table bien dressée et un dîner serein, mondain et civilisé. Sous le dessin, il est écrit : « Surtout ! ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! » Et sur l’image suivante, la table est renversée, la vaisselle est cassée et les convives sont en train de s’étrangler. La légende précise simplement quatre mots, au cas où vous ne l’auriez pas compris : « … Ils en ont parlé… ».

Et moi ce soir, j’entends une voix en moi qui me dit : n’en parlons pas… 
Et une autre qui lui répond : si, tu n’as pas le choix. 
Et qui dit : pense à la date à laquelle nous sommes, et souviens‐toi ! 

Chers amis, ce soir, jour solennel de Yom Kippour dans lequel nous entrons, nous sommes précisément à une date anniversaire, connue de tous. Il y a 50 ans, jour pour jour, à l’office de Kol Nidré 1973, allait débuter dans quelques heures la terrible guerre qui porterait pour toujours le nom de cette journée solennelle : la guerre de Kippour. 

Et je le sais, certains dans cette salle savent exactement où ils étaient ce jour‐là, qui leur a annoncé la nouvelle, de quelle manière, au cœur même des offices, on a allumé des transistors, cherché à comprendre d’où venait l’attaque, prié avec inquiétude et pleuré aussi. En se demandant pourquoi Israël s’était fait surprendre ou ne s’était peut‐être pas préparé. Des milliers de soldats allaient mourir. De nombreux Israéliens furent bombardés par l’armée égyptienne dans le désert du Sinaï. Cinquante ans plus tard, la douleur est encore vive pour bien des familles qui ont perdu leurs enfants. 

Vous me voyez venir, avec mes gros sabots (ou, devrais‐je dire, ma grosse artillerie) : ces derniers jours, en réfléchissant à l’écriture de ce sermon, il m’a semblé que je n’avais pas le choix et que ce soir, je devais vous parler d’Israël… vous parler de cette douleur que beaucoup d’entre nous ressentent aujourd’hui face à la crise terrible que ce pays traverse, la polarisation extrême qui a porté au pouvoir un gouvernement et des ministres d’extrême-droite, un messianisme ultra‐nationaliste et, face à cela, pour la 38e semaines d’affilée, des centaines de milliers de personne dans la rue pour dire leur inquiétude (et c’est un euphémisme) pour la démocratie, leur inquiétude face à la montée du fanatisme religieuse, de la violence politique, la menace pour le droit des femmes, la montée du fondamentalisme qui fait soudain exiger qu’elles se couvrent dans la rue ou s’s’assoient au fond du bus, qui pousse d’autres à tolérer ou à couvrir la violence de jeunes Juifs contre des villages arabes, des attaques contre des minorités. Et la montée de discours de suprématie ou de violences contre la diversité religieuse, contre des sensibilités juives non‐orthodoxes. Et la remise en question des institutions judiciaires dans leur rôle de contre‐pouvoir, la multiplication d’arguments populistes ou de revendications ultra‐orthodoxes. 

Bien sûr, nous sommes nombreux à regarder cela avec angoisse, mais aussi avec la force de tout notre attachement et de notre amour pour ce pays et, pour beaucoup d’entre nous, avec la conviction de notre sionisme qui, soudain, peine à se retrouver dans le discours de ceux qui revendiquent ce même amour d’Israël ou du sionisme pour un projet aux antipodes de nos aspirations. 

Je sais par cœur et je connais toutes les résistances et les mises en garde, exprimées par les uns et les autres contre ceux qui expriment depuis la diaspora leur critique du gouvernement israélien. 
Il y a ceux qui disent : « Ce n’est pas notre rôle. Nous qui ne vivons pas là‐bas, ne votons pas ni ne servons dans l’armée ». 

Ceux qui disent : « Lavons notre linge sale en famille. N’exposons pas au monde des failles qui vulnérabiliseraient Israël face à des ennemis ou des gens mal intentionnés qui cherchent en toute circonstance à le détruire ».

Il y a ceux qui disent : « Ne soyons pas naïfs. N’oublions pas quel discours antisionistes et antisémites peuvent tenir tant de leaders qui n’en ‘louperont’ pas une pour multiplier les ignominies ». Cette semaine, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas tenait des propos clairement antisémites, (je salue d’ailleurs la Maire de Paris qui lui a immédiatement signifié son retrait de la médaille de la ville). Et puis, pas plus tard qu’il y a trois jours, le président tunisien déclarait – accrochez‐vous bien – que les catastrophes climatiques qui frappent l’Afrique du Nord sont sûrement une attaque sioniste. La preuve irréfutable étant que l’ouragan Daniel porte un nom… juif. Je sais, c’est tellement grotesque qu’on aurait presque envie de rire. 

Et puis il y a ceux, enfin, qui disent : « Yom Kippour n’est pas le jour pour faire un discours politique. C’est un jour d’unité, de consensus. À quoi bon marquer les tensions entre nous ou les rappeler à notre conscience ? ». 

Pourtant, chers amis, et bien que connaissant tous ces arguments, je me tiens devant vous en cet instant solennel, convaincue que, plus que jamais et peut‐être particulièrement ce soir, il nous faut en parler. 

Plus que jamais et particulièrement ce soir, Israël a besoin des voix de la diaspora, de toutes ses voix, y compris les plus critiques. Celles qui parlent avec la force de leur amour et la conviction solide de leur attachement à ce pays. Celles qui disent le malaise et la douleur qui se sont emparés de beaucoup d’entre nous. 

Il y a cinquante ans tout juste, Israël encore grisé par les succès miraculeux de la guerre des Six jours, les territoires conquis et la force de son armée, ne s’attendait pas à se percevoir vulnérable, à se trouver désemparé. 

À la frontière égyptienne, les combats faisaient rage et, soudain, un homme inattendu a surgi. Il était venu rendre visite aux troupes. Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de cette visite, mais vous connaissez forcément cet individu. Il s’appelait Leonard Cohen. Le célèbre chanteur Leonard Cohen a accompagné sur le terrain les troupes israéliennes. Et c’est là que l’homme qui écrira près de 10 ans plus tard son célébrissime Hallelujah, a composé un autre air que vous connaissez sans doute. 
Cette chanson qu’il a écrite pendant la guerre de Kippour, s’appelle Who By Fire? 

Elle dit en substance : Who by fire? qui périra par le feu, et qui périra par l’eau, qui mourra en plein jour et qui une fois la nuit tombée, qui mourra de faim et qui de soif, et la chanson lancinante dit encore et encore. Who shall I say is calling ? ce qui signifie en anglais (canadien) « qui dois‐je annoncer ? »

Mais ces paroles, beaucoup d’entre vous les connaissent même s’ils n’ont jamais entendu cette chanson de Leonard Cohen. Ils les connaissent s’ils sont déjà venus ici, à Kippour, dans cette synagogue ou dans une autre. 

Car ces mots, à peine retouchés, sont tirés du livre que vous tenez entre les mains. Nous les chanterons demain matin, au cœur de l’office de Moussaf. Je vous invite à ouvrir vos livres un instant page 410 pour les apercevoir. 

Dans la prière solennelle du Ounetane Tokef, il est écrit : 
« À Rosh haShana, l’arrêt est prononcé et à Yom Kippour, il est scellé ». Et la liturgie hébraïque poursuit ainsi : Mi yihie ou miyamout, comme dans la chanson de Cohen, « qui va vivre et qui va mourir ? »; Mi bamayim ou mibaesh etc. etc. « qui par le feu ? et qui par l’eau ? qui en son temps et qui bien avant l’heure prévue ? etc. » 

Vous le comprenez maintenant : pendant la guerre de Kippour, Leonard Cohen assiste aux combats terribles sur les champs de bataille. Il va alors aller puiser dans la liturgie de Kippour pour écrire l’une des plus belles chansons de son répertoire, une réflexion sur la vulnérabilité, sur la mortalité et la finitude de notre condition humaine. 

Et aucune fête du calendrier juif ne raconte mieux que celle dans laquelle nous entrons ce soir, cette conscience. Nous allons le dire encore et encore dans les prières : nos nous tenons face à Dieu ani mimaass, « sans réelle bonnes actions, et sans pouvoir ». Afar veefer, « poussière et cendre » et conscients de notre impuissance. 

Quel rapport tout cela a‑t‐il avec la question d’Israël, la crise qu’il traverse et le mal‐être que beaucoup d’entre nous perçoivent aujourd’hui ? Laissez‐moi lentement y venir. 

Et, pour cela, faire un petit détour par le calendrier juif. Yom Kippour tombe toujours au mois de Tishri, à la même saison de l’année, évidemment et systématiquement au moment où, dans le rouleau de la Torah, nous lisons les mêmes extraits. Pour le dire autrement, tout au long de l’année, nous lisons la parasha de la semaine, dans la Torah, épisode après épisode, livre après livre du Pentateuque. Mais, quand surgit Kippour, le temps du jugement et de l’introspection, nous sommes toujours, année après année, en train de lire le même passage dans la Torah. 

Nous entrons dans les « jours redoutables » pendant la lecture à la synagogue du livre du Deutéronome, dernier livre du pentateuque, qu’on appelle parfois le « testament de Moïse ». 

Bref, si vous êtes venus à la synagogue ces dernières semaines (peu importe quel shabbat), vous avez entendu la lecture du livre du Deutéronome. Et nos sages nous disent : assure‐toi de faire dialoguer le message du Deutéronome avec les jours redoutables. 

Que dit donc ce livre ? C’est un message que Moïse adresse aux Hébreux, au peuple réuni au seuil de la terre promise ou ils s’apprêtent à entrer. Moïse sait, à cet instant du récit, que lui n’entrera pas en Israël : il est un homme de la Diaspora, il est né en Égypte et il mourra dans le désert. Il ne posera jamais le pied en terre promise. Mais il adresse dans ce livre des recommandations, des mises en garde, depuis la Diaspora aux hommes et aux femmes qui s’apprêtent à s’y installer. 

Bien sûr ces hommes et ces femmes devront être forts et combattre, et lutter et mener des guerres pour s’installer, mais ce n’est pas le message que Moïse leur délivre. À la place, il va, encore et encore, insister sur trois idées, ce qu’on pourrait appeler « la leçon du Deutéronome ». 

Moïse dit aux Hébreux : 
Viendra un jour où vous serez tranquillement installés sur cette terre. Viendra un jour où vous aurez une souveraineté sur ce territoire et, à ce moment-là, plusieurs choses vont vous arriver.

D’abord, dit Moïse, quand vous serez propriétaires terriens, vous devrez absolument récolter les premiers fruits de vos champs et, immédiatement, les apporter au Grand prêtre, les lui donner et vous en déposséder. Et vous devrez alors dire : mon ancêtre était un migrant, arami oved avi.
Étrange phrase de sédentaire, n’est-ce pas ? étrange façon de célébrer sa récolte que de s’en débarrasser. 

Mais ce n’est pas tout. 
Deuxième message du livre du Deutéronome : Moïse dit aux Hébreux Viendra un jour où vous serez installés sur cette terre. Et vous aurez soudain envie de placer à votre tête un roi, un chef, un leader, exactement comme le font les autres nations. Assurez-vous alors, poursuit Moïse, que ce roi ne soit pas trop arrogant. Assurez-vous qu’il n’ait en sa possession ni trop d’argent ni trop de femmes ni trop de chevaux. 
Traduction de cette allégorie : assurez‐vous, dit Moïse, que votre chef ne soit pas trop obsédé par son pouvoir, financier ou militaire (représenté ici par les chevaux) ou par le pouvoir politique (symbolisé par les femmes, c’est-à-dire les alliances contractées avec d’autres territoires) 

Et puis, troisième mise en garde du livre du Deutéronome, et celle‐là ne cesse d’être répétée : Moïse dit aux Hébreux Il arrivera qu’installés sur votre terre, vous deveniez idolâtres, et que vous rendiez un culte à d’autres divinités locales. Ces divinités cananéennes, dans le livre du Deutéronome, portent un nom particulier. On les appelle les Bealim. Le culte de Baal est le service d’un dieu cananéen. Oui mais voilà, ce mot, en hébreu, signifie autre chose : Baal signifie « propriétaire ». Le culte de baal, en hébreu, est donc littéralement le culte de la possession, de la propriété. 

Je m’arrête là un instant pour m’assurer que vous entendiez résonner les mots, qui ne sont pas les miens, mais ceux du livre que nous lisons actuellement dans toutes les synagogues, ces mots qui doivent être lus chaque année, avant d’entrer dans Kippour. Le peuple aux portes de la terre promise et nous, aux portes des jours redoutables, nous devons entendre les mêmes choses : 
- Toute souveraineté s’accompagne de menaces, tout simplement parce que toute force et toute installation s’accompagne de menaces : la menace de se croire propriétaire, la menace d’idolâtrer la possession, ou la force militaire, ou la puissance financière, ou le culte du chef… 
- Et puis, Moïse enseigne, de façon paradoxale et puissante, que la première chose que peut faire un propriétaire sur la terre, est d’être prêt à renoncer à une partie à sa propriété, de donner un peu des fruits de son champ, et de se souvenir de sa migration, c’est-à-dire de sa fragilité et de tout ce que ses ancêtres n’ont pas possédé. 

Et tandis que je lis ces textes, semaine après semaine à la synagogue, je ne cesse de penser à ce qui déchire aujourd’hui le peuple d’Israël et ce pays qui nous est si cher. La façon dont, pour certains, il faut le reconnaître, le sionisme est devenu synonyme de pouvoir, de puissance, de propriété, et la façon dont un parti d’extrême droite, aujourd’hui aux commandes de postes‐clé, s’est donné un nom étrange : le parti d’Itamar Ben Gvir s’appelle Otzma Yehudit, « la puissance juive ». Mais de quelle puissance est‐il question ? où nous mènera‐t‐elle exactement dans l’Histoire ? 

Et voilà comment des leaders politiques affirment aujourd’hui représenter les valeurs juives, défendre un État juif, quitte à ce qu’il ne soit pas démocratique, en habillant leur judaïsme de noms ou de discours qu’on pourrait aisément qualifier de problématiques pour une certaine sagesse juive biblique ou rabbinique. Une sagesse de la vulnérabilité et une conscience d’un dialogue nécessaire, en nous, entre puissance et impuissance. 

Et je sais ce que certains pensent ici, ou diront sans doute : Israël est menacé, et n’a peut‐être pas le luxe d’être impuissant, faillible et vulnérable. Il se doit d’être fort et engagé dans une combat de survie depuis des décennies… Certes et pourtant, par‐delà cette menace extérieure, il en est une plus terrifiante encore, celle que nous a déjà enseignée l’Histoire. 

Car cette situation n’est pas sans précèdent historique. À deux reprises dejà, les Juifs ont connu une souveraineté sur la terre d’Israël et ont dirigé une forme étatique, à savoir un pouvoir politique, une continuité territoriale, une armée, et tout ce qui construit une souveraineté pleine et entière. 

Petite leçon d’Histoire. 
Il y a près de 3000 ans, fut établie la toute première souveraineté juive en Israël : une continuité territoriale, une armée, un chef on ne peut plus connu. Ce roi s’appelle David et, après avoir vaincu Goliath, il instaure un royaume qui unit les territoires de Judée et d’Israël, et il fait de Jérusalem sa capitale. David règne 33 ans sur Jérusalem, son fils Salomon prend sa suite et assoit son pouvoir pendant 40 ans. Le royaume est puissant. Le fils de Salomon, un certain Rehovoam prendra la suite du leadership – c’est la troisième génération à connaître le pouvoir et l’installation. Sous son règne, les tribus d’Israël se déchirent, le peuple s’affronte… Et voilà qu’en l’espace de deux ans, deux ans seulement les royaumes de Juda et d’Israël deviennent ennemis et se séparent l’un de l’autre. Fin de la première souveraineté juive sur le territoire complet. Se sont écoulés seulement 75 ans.
Mille ans plus tard environ, s’érige une deuxième souveraineté juive : les rois Hasmonéens règnent sur le pays, les héritiers des Maccabim et de l’histoire de Hanouka. Cette monarchie fondée en ‑140 de notre ère installa une pleine souveraineté, riche et puissante. Elle durera jusqu’en ‑63 lorsque, après des combats internes de la population juive, Pompée et les Romains prennent le pouvoir sur Jérusalem. Fin de la souveraineté ; 77 ans se sont écoulés. 
Et il faudra attendre 1948 pour qu’une troisième souveraineté voit le jour, celle de l’État d’Israël que nous connaissons. 

Mais écoutez résonner ces chiffres terrifiants : la première souveraineté a duré 75 ans, et la deuxième aussi, à 2 ans près. 
Et voilà que la troisième est rongée aujourd’hui par les mêmes affrontements, de mêmes fanatismes qui surgissent, des visions du monde, du judaïsme et du sionisme qui ne parviennent à se réconcilier. Et voilà qu’Israël a 75 ans, l’âge où toutes les souverainetés précédentes se sont effondrées. Existe‐t‐il une malédiction ? Sommes‐nous tragiquement condamnés à répéter un scénario catastrophique ? 
Pouvons‐nous trouver enfin comment ne pas séparer Juda et Israël, comment ne pas voir s’effondrer une maison qui nous est si chère ? 

Pardon. Je voulais tant ne pas écrire le sermon que je viens de prononcer. Mais je n’y suis pas arrivée. Je crois qu’un défi nous est posé à tous aujourd’hui. À ceux, bien sûr, qui vivent là‐bas et qui doivent trouver comment vivre ensemble, mais aussi à nous qui vivons loin de là, qui avons l’avenir d’Israël à cœur, et qui avons le devoir, me semble‐t‐il de faire résonner la voix du Deutéronome, celle de Moïse qui, depuis la Diaspora, s’adresse à un peuple en chemin vers l’installation. 

Et peut‐être lui dire, hors de l’Etat d’Israël : Il arrivera qu’une fois installé sur ta terre, tu te croies fort mais que, soudain, tu perçoives tes brisures… il arrivera que résonnent des voix apparemment irréconciliables, des tribus qui se détestent et aspirent à se séparer, et tu devras alors, plus que tout, chérir non pas la force mais la faille, non pas chercher l’unité, mais respecter les voix dissonantes qui résonnent en ton sein et qui pourront encore trouver un chemin de dialogue. 

C’est ce même enseignement qu’à sa manière, un homme nommé Leonard Cohen, qui n’était pas combattant de l’armée israélienne, est venue faire résonner aux oreilles de soldats sur un champ de bataille, il y a 50 ans. Soyez conscients de votre force, mais aussi de votre fragilité. 
Méfiez‐vous de la puissance quand elle vous mène simplement à vouloir écraser l’autre. Car sinon, qui dois‐je annoncer ? quel terrible avenir pourrait bien s’annoncer ? 

Bien plus tard, ce même chanteur écrira un extraordinaire Hallelujah et bien d’autres chansons qui sont, à mon sens, de véritables prières…. 
Une d’entre elles dit la chose suivante : 
There is a crack in everything, that’s how the light gets in…, « Il y a une brisure dans chaque chose, mais c’est là que la lumière se faufile ». 

Au cœur de l’obscurité de la nuit de Kippour, au cœur de l’obscurité du monde qui nous entoure, assurons‐nous où que nous nous trouvions de laisser un peu de lumière nous traverser, traverser nos doutes et nos convictions. 

Puissions‐nous être inscrits dans le Livre de la vie. 

Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant « pardon ». Pas simplement parce que c’est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais énoncer en une seule phrase : « J’ai essayé, vraiment essayé de ne pasécrire le sermon que vous vous apprêtez à entendre. Mais je n’y suis pas arrivée. » 

Je me suis dit, encore et encore, que ce n’était pas une bonne idée, que je ferais mieux de parler d’autre chose, qu’on risquait de se fâcher… 

Et puis, en l’écrivant, j’ai beaucoup pensé à ce dessin de presse si célèbre, publié au moment de l’affaire Dreyfus. Vous connaissez forcément cette image : on y voit une table bien dressée et un dîner serein, mondain et civilisé. Sous le dessin, il est écrit : « Surtout ! ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! » Et sur l’image suivante, la table est renversée, la vaisselle est cassée et les convives sont en train de s’étrangler. La légende précise simplement quatre mots, au cas où vous ne l’auriez pas compris : « … Ils en ont parlé… ».

Et moi ce soir, j’entends une voix en moi qui me dit : n’en parlons pas… 
Et une autre qui lui répond : si, tu n’as pas le choix. 
Et qui dit : pense à la date à laquelle nous sommes, et souviens‐toi ! 

Chers amis, ce soir, jour solennel de Yom Kippour dans lequel nous entrons, nous sommes précisément à une date anniversaire, connue de tous. Il y a 50 ans, jour pour jour, à l’office de Kol Nidré 1973, allait débuter dans quelques heures la terrible guerre qui porterait pour toujours le nom de cette journée solennelle : la guerre de Kippour. 

Et je le sais, certains dans cette salle savent exactement où ils étaient ce jour‐là, qui leur a annoncé la nouvelle, de quelle manière, au cœur même des offices, on a allumé des transistors, cherché à comprendre d’où venait l’attaque, prié avec inquiétude et pleuré aussi. En se demandant pourquoi Israël s’était fait surprendre ou ne s’était peut‐être pas préparé. Des milliers de soldats allaient mourir. De nombreux Israéliens furent bombardés par l’armée égyptienne dans le désert du Sinaï. Cinquante ans plus tard, la douleur est encore vive pour bien des familles qui ont perdu leurs enfants. 

Vous me voyez venir, avec mes gros sabots (ou, devrais‐je dire, ma grosse artillerie) : ces derniers jours, en réfléchissant à l’écriture de ce sermon, il m’a semblé que je n’avais pas le choix et que ce soir, je devais vous parler d’Israël… vous parler de cette douleur que beaucoup d’entre nous ressentent aujourd’hui face à la crise terrible que ce pays traverse, la polarisation extrême qui a porté au pouvoir un gouvernement et des ministres d’extrême-droite, un messianisme ultra‐nationaliste et, face à cela, pour la 38e semaines d’affilée, des centaines de milliers de personne dans la rue pour dire leur inquiétude (et c’est un euphémisme) pour la démocratie, leur inquiétude face à la montée du fanatisme religieuse, de la violence politique, la menace pour le droit des femmes, la montée du fondamentalisme qui fait soudain exiger qu’elles se couvrent dans la rue ou s’s’assoient au fond du bus, qui pousse d’autres à tolérer ou à couvrir la violence de jeunes Juifs contre des villages arabes, des attaques contre des minorités. Et la montée de discours de suprématie ou de violences contre la diversité religieuse, contre des sensibilités juives non‐orthodoxes. Et la remise en question des institutions judiciaires dans leur rôle de contre‐pouvoir, la multiplication d’arguments populistes ou de revendications ultra‐orthodoxes. 

Bien sûr, nous sommes nombreux à regarder cela avec angoisse, mais aussi avec la force de tout notre attachement et de notre amour pour ce pays et, pour beaucoup d’entre nous, avec la conviction de notre sionisme qui, soudain, peine à se retrouver dans le discours de ceux qui revendiquent ce même amour d’Israël ou du sionisme pour un projet aux antipodes de nos aspirations. 

Je sais par cœur et je connais toutes les résistances et les mises en garde, exprimées par les uns et les autres contre ceux qui expriment depuis la diaspora leur critique du gouvernement israélien. 
Il y a ceux qui disent : « Ce n’est pas notre rôle. Nous qui ne vivons pas là‐bas, ne votons pas ni ne servons dans l’armée ». 

Ceux qui disent : « Lavons notre linge sale en famille. N’exposons pas au monde des failles qui vulnérabiliseraient Israël face à des ennemis ou des gens mal intentionnés qui cherchent en toute circonstance à le détruire ».

Il y a ceux qui disent : « Ne soyons pas naïfs. N’oublions pas quel discours antisionistes et antisémites peuvent tenir tant de leaders qui n’en ‘louperont’ pas une pour multiplier les ignominies ». Cette semaine, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas tenait des propos clairement antisémites, (je salue d’ailleurs la Maire de Paris qui lui a immédiatement signifié son retrait de la médaille de la ville). Et puis, pas plus tard qu’il y a trois jours, le président tunisien déclarait – accrochez‐vous bien – que les catastrophes climatiques qui frappent l’Afrique du Nord sont sûrement une attaque sioniste. La preuve irréfutable étant que l’ouragan Daniel porte un nom… juif. Je sais, c’est tellement grotesque qu’on aurait presque envie de rire. 

Et puis il y a ceux, enfin, qui disent : « Yom Kippour n’est pas le jour pour faire un discours politique. C’est un jour d’unité, de consensus. À quoi bon marquer les tensions entre nous ou les rappeler à notre conscience ? ». 

Pourtant, chers amis, et bien que connaissant tous ces arguments, je me tiens devant vous en cet instant solennel, convaincue que, plus que jamais et peut‐être particulièrement ce soir, il nous faut en parler. 

Plus que jamais et particulièrement ce soir, Israël a besoin des voix de la diaspora, de toutes ses voix, y compris les plus critiques. Celles qui parlent avec la force de leur amour et la conviction solide de leur attachement à ce pays. Celles qui disent le malaise et la douleur qui se sont emparés de beaucoup d’entre nous. 

Il y a cinquante ans tout juste, Israël encore grisé par les succès miraculeux de la guerre des Six jours, les territoires conquis et la force de son armée, ne s’attendait pas à se percevoir vulnérable, à se trouver désemparé. 

À la frontière égyptienne, les combats faisaient rage et, soudain, un homme inattendu a surgi. Il était venu rendre visite aux troupes. Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de cette visite, mais vous connaissez forcément cet individu. Il s’appelait Leonard Cohen. Le célèbre chanteur Leonard Cohen a accompagné sur le terrain les troupes israéliennes. Et c’est là que l’homme qui écrira près de 10 ans plus tard son célébrissime Hallelujah, a composé un autre air que vous connaissez sans doute. 
Cette chanson qu’il a écrite pendant la guerre de Kippour, s’appelle Who By Fire? 

Elle dit en substance : Who by fire? qui périra par le feu, et qui périra par l’eau, qui mourra en plein jour et qui une fois la nuit tombée, qui mourra de faim et qui de soif, et la chanson lancinante dit encore et encore. Who shall I say is calling ? ce qui signifie en anglais (canadien) « qui dois‐je annoncer ? »

Mais ces paroles, beaucoup d’entre vous les connaissent même s’ils n’ont jamais entendu cette chanson de Leonard Cohen. Ils les connaissent s’ils sont déjà venus ici, à Kippour, dans cette synagogue ou dans une autre. 

Car ces mots, à peine retouchés, sont tirés du livre que vous tenez entre les mains. Nous les chanterons demain matin, au cœur de l’office de Moussaf. Je vous invite à ouvrir vos livres un instant page 410 pour les apercevoir. 

Dans la prière solennelle du Ounetane Tokef, il est écrit : 
« À Rosh haShana, l’arrêt est prononcé et à Yom Kippour, il est scellé ». Et la liturgie hébraïque poursuit ainsi : Mi yihie ou miyamout, comme dans la chanson de Cohen, « qui va vivre et qui va mourir ? »; Mi bamayim ou mibaesh etc. etc. « qui par le feu ? et qui par l’eau ? qui en son temps et qui bien avant l’heure prévue ? etc. » 

Vous le comprenez maintenant : pendant la guerre de Kippour, Leonard Cohen assiste aux combats terribles sur les champs de bataille. Il va alors aller puiser dans la liturgie de Kippour pour écrire l’une des plus belles chansons de son répertoire, une réflexion sur la vulnérabilité, sur la mortalité et la finitude de notre condition humaine. 

Et aucune fête du calendrier juif ne raconte mieux que celle dans laquelle nous entrons ce soir, cette conscience. Nous allons le dire encore et encore dans les prières : nos nous tenons face à Dieu ani mimaass, « sans réelle bonnes actions, et sans pouvoir ». Afar veefer, « poussière et cendre » et conscients de notre impuissance. 

Quel rapport tout cela a‑t‐il avec la question d’Israël, la crise qu’il traverse et le mal‐être que beaucoup d’entre nous perçoivent aujourd’hui ? Laissez‐moi lentement y venir. 

Et, pour cela, faire un petit détour par le calendrier juif. Yom Kippour tombe toujours au mois de Tishri, à la même saison de l’année, évidemment et systématiquement au moment où, dans le rouleau de la Torah, nous lisons les mêmes extraits. Pour le dire autrement, tout au long de l’année, nous lisons la parasha de la semaine, dans la Torah, épisode après épisode, livre après livre du Pentateuque. Mais, quand surgit Kippour, le temps du jugement et de l’introspection, nous sommes toujours, année après année, en train de lire le même passage dans la Torah. 

Nous entrons dans les « jours redoutables » pendant la lecture à la synagogue du livre du Deutéronome, dernier livre du pentateuque, qu’on appelle parfois le « testament de Moïse ». 

Bref, si vous êtes venus à la synagogue ces dernières semaines (peu importe quel shabbat), vous avez entendu la lecture du livre du Deutéronome. Et nos sages nous disent : assure‐toi de faire dialoguer le message du Deutéronome avec les jours redoutables. 

Que dit donc ce livre ? C’est un message que Moïse adresse aux Hébreux, au peuple réuni au seuil de la terre promise ou ils s’apprêtent à entrer. Moïse sait, à cet instant du récit, que lui n’entrera pas en Israël : il est un homme de la Diaspora, il est né en Égypte et il mourra dans le désert. Il ne posera jamais le pied en terre promise. Mais il adresse dans ce livre des recommandations, des mises en garde, depuis la Diaspora aux hommes et aux femmes qui s’apprêtent à s’y installer. 

Bien sûr ces hommes et ces femmes devront être forts et combattre, et lutter et mener des guerres pour s’installer, mais ce n’est pas le message que Moïse leur délivre. À la place, il va, encore et encore, insister sur trois idées, ce qu’on pourrait appeler « la leçon du Deutéronome ». 

Moïse dit aux Hébreux : 
Viendra un jour où vous serez tranquillement installés sur cette terre. Viendra un jour où vous aurez une souveraineté sur ce territoire et, à ce moment-là, plusieurs choses vont vous arriver.

D’abord, dit Moïse, quand vous serez propriétaires terriens, vous devrez absolument récolter les premiers fruits de vos champs et, immédiatement, les apporter au Grand prêtre, les lui donner et vous en déposséder. Et vous devrez alors dire : mon ancêtre était un migrant, arami oved avi.
Étrange phrase de sédentaire, n’est-ce pas ? étrange façon de célébrer sa récolte que de s’en débarrasser. 

Mais ce n’est pas tout. 
Deuxième message du livre du Deutéronome : Moïse dit aux Hébreux Viendra un jour où vous serez installés sur cette terre. Et vous aurez soudain envie de placer à votre tête un roi, un chef, un leader, exactement comme le font les autres nations. Assurez-vous alors, poursuit Moïse, que ce roi ne soit pas trop arrogant. Assurez-vous qu’il n’ait en sa possession ni trop d’argent ni trop de femmes ni trop de chevaux. 
Traduction de cette allégorie : assurez‐vous, dit Moïse, que votre chef ne soit pas trop obsédé par son pouvoir, financier ou militaire (représenté ici par les chevaux) ou par le pouvoir politique (symbolisé par les femmes, c’est-à-dire les alliances contractées avec d’autres territoires) 

Et puis, troisième mise en garde du livre du Deutéronome, et celle‐là ne cesse d’être répétée : Moïse dit aux Hébreux Il arrivera qu’installés sur votre terre, vous deveniez idolâtres, et que vous rendiez un culte à d’autres divinités locales. Ces divinités cananéennes, dans le livre du Deutéronome, portent un nom particulier. On les appelle les Bealim. Le culte de Baal est le service d’un dieu cananéen. Oui mais voilà, ce mot, en hébreu, signifie autre chose : Baal signifie « propriétaire ». Le culte de baal, en hébreu, est donc littéralement le culte de la possession, de la propriété. 

Je m’arrête là un instant pour m’assurer que vous entendiez résonner les mots, qui ne sont pas les miens, mais ceux du livre que nous lisons actuellement dans toutes les synagogues, ces mots qui doivent être lus chaque année, avant d’entrer dans Kippour. Le peuple aux portes de la terre promise et nous, aux portes des jours redoutables, nous devons entendre les mêmes choses : 
- Toute souveraineté s’accompagne de menaces, tout simplement parce que toute force et toute installation s’accompagne de menaces : la menace de se croire propriétaire, la menace d’idolâtrer la possession, ou la force militaire, ou la puissance financière, ou le culte du chef… 
- Et puis, Moïse enseigne, de façon paradoxale et puissante, que la première chose que peut faire un propriétaire sur la terre, est d’être prêt à renoncer à une partie à sa propriété, de donner un peu des fruits de son champ, et de se souvenir de sa migration, c’est-à-dire de sa fragilité et de tout ce que ses ancêtres n’ont pas possédé. 

Et tandis que je lis ces textes, semaine après semaine à la synagogue, je ne cesse de penser à ce qui déchire aujourd’hui le peuple d’Israël et ce pays qui nous est si cher. La façon dont, pour certains, il faut le reconnaître, le sionisme est devenu synonyme de pouvoir, de puissance, de propriété, et la façon dont un parti d’extrême droite, aujourd’hui aux commandes de postes‐clé, s’est donné un nom étrange : le parti d’Itamar Ben Gvir s’appelle Otzma Yehudit, « la puissance juive ». Mais de quelle puissance est‐il question ? où nous mènera‐t‐elle exactement dans l’Histoire ? 

Et voilà comment des leaders politiques affirment aujourd’hui représenter les valeurs juives, défendre un État juif, quitte à ce qu’il ne soit pas démocratique, en habillant leur judaïsme de noms ou de discours qu’on pourrait aisément qualifier de problématiques pour une certaine sagesse juive biblique ou rabbinique. Une sagesse de la vulnérabilité et une conscience d’un dialogue nécessaire, en nous, entre puissance et impuissance. 

Et je sais ce que certains pensent ici, ou diront sans doute : Israël est menacé, et n’a peut‐être pas le luxe d’être impuissant, faillible et vulnérable. Il se doit d’être fort et engagé dans une combat de survie depuis des décennies… Certes et pourtant, par‐delà cette menace extérieure, il en est une plus terrifiante encore, celle que nous a déjà enseignée l’Histoire. 

Car cette situation n’est pas sans précèdent historique. À deux reprises dejà, les Juifs ont connu une souveraineté sur la terre d’Israël et ont dirigé une forme étatique, à savoir un pouvoir politique, une continuité territoriale, une armée, et tout ce qui construit une souveraineté pleine et entière. 

Petite leçon d’Histoire. 
Il y a près de 3000 ans, fut établie la toute première souveraineté juive en Israël : une continuité territoriale, une armée, un chef on ne peut plus connu. Ce roi s’appelle David et, après avoir vaincu Goliath, il instaure un royaume qui unit les territoires de Judée et d’Israël, et il fait de Jérusalem sa capitale. David règne 33 ans sur Jérusalem, son fils Salomon prend sa suite et assoit son pouvoir pendant 40 ans. Le royaume est puissant. Le fils de Salomon, un certain Rehovoam prendra la suite du leadership – c’est la troisième génération à connaître le pouvoir et l’installation. Sous son règne, les tribus d’Israël se déchirent, le peuple s’affronte… Et voilà qu’en l’espace de deux ans, deux ans seulement les royaumes de Juda et d’Israël deviennent ennemis et se séparent l’un de l’autre. Fin de la première souveraineté juive sur le territoire complet. Se sont écoulés seulement 75 ans.
Mille ans plus tard environ, s’érige une deuxième souveraineté juive : les rois Hasmonéens règnent sur le pays, les héritiers des Maccabim et de l’histoire de Hanouka. Cette monarchie fondée en ‑140 de notre ère installa une pleine souveraineté, riche et puissante. Elle durera jusqu’en ‑63 lorsque, après des combats internes de la population juive, Pompée et les Romains prennent le pouvoir sur Jérusalem. Fin de la souveraineté ; 77 ans se sont écoulés. 
Et il faudra attendre 1948 pour qu’une troisième souveraineté voit le jour, celle de l’État d’Israël que nous connaissons. 

Mais écoutez résonner ces chiffres terrifiants : la première souveraineté a duré 75 ans, et la deuxième aussi, à 2 ans près. 
Et voilà que la troisième est rongée aujourd’hui par les mêmes affrontements, de mêmes fanatismes qui surgissent, des visions du monde, du judaïsme et du sionisme qui ne parviennent à se réconcilier. Et voilà qu’Israël a 75 ans, l’âge où toutes les souverainetés précédentes se sont effondrées. Existe‐t‐il une malédiction ? Sommes‐nous tragiquement condamnés à répéter un scénario catastrophique ? 
Pouvons‐nous trouver enfin comment ne pas séparer Juda et Israël, comment ne pas voir s’effondrer une maison qui nous est si chère ? 

Pardon. Je voulais tant ne pas écrire le sermon que je viens de prononcer. Mais je n’y suis pas arrivée. Je crois qu’un défi nous est posé à tous aujourd’hui. À ceux, bien sûr, qui vivent là‐bas et qui doivent trouver comment vivre ensemble, mais aussi à nous qui vivons loin de là, qui avons l’avenir d’Israël à cœur, et qui avons le devoir, me semble‐t‐il de faire résonner la voix du Deutéronome, celle de Moïse qui, depuis la Diaspora, s’adresse à un peuple en chemin vers l’installation. 

Et peut‐être lui dire, hors de l’Etat d’Israël : Il arrivera qu’une fois installé sur ta terre, tu te croies fort mais que, soudain, tu perçoives tes brisures… il arrivera que résonnent des voix apparemment irréconciliables, des tribus qui se détestent et aspirent à se séparer, et tu devras alors, plus que tout, chérir non pas la force mais la faille, non pas chercher l’unité, mais respecter les voix dissonantes qui résonnent en ton sein et qui pourront encore trouver un chemin de dialogue. 

C’est ce même enseignement qu’à sa manière, un homme nommé Leonard Cohen, qui n’était pas combattant de l’armée israélienne, est venue faire résonner aux oreilles de soldats sur un champ de bataille, il y a 50 ans. Soyez conscients de votre force, mais aussi de votre fragilité. 
Méfiez‐vous de la puissance quand elle vous mène simplement à vouloir écraser l’autre. Car sinon, qui dois‐je annoncer ? quel terrible avenir pourrait bien s’annoncer ? 

Bien plus tard, ce même chanteur écrira un extraordinaire Hallelujah et bien d’autres chansons qui sont, à mon sens, de véritables prières…. 
Une d’entre elles dit la chose suivante : 
There is a crack in everything, that’s how the light gets in…, « Il y a une brisure dans chaque chose, mais c’est là que la lumière se faufile ». 

Au cœur de l’obscurité de la nuit de Kippour, au cœur de l’obscurité du monde qui nous entoure, assurons‐nous où que nous nous trouvions de laisser un peu de lumière nous traverser, traverser nos doutes et nos convictions. 

Puissions‐nous être inscrits dans le Livre de la vie. 

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un collier en guise de coup de gueule

Publié le par Jean Fred

Texte de, je ne sais qui… Incroyable, mais rien de plus vrai

Il faut être vraiment naïf ou sot pour penser que l'interdiction des colliers, quelqu'ils soient, va permettre de combattre la maltraitance.
Il fût un temps où tous ces colliers n'existaient pas. Les chiens étaient-ils mieux traités ? Leur éducation se faisait alors à coups de poing, à coup de pied, à coup de coups de bâton, à coups de martinet, à coup de chaînes. Qui l'a oublié ? Qui l'ignore ?
Il n'y a pas de colliers à piques, de colliers étrangleurs, de colliers électriques en vente dans les magasins, destinés aux femmes et aux enfants, il n'y a donc pas, peu ou moins de maltraitance à leur égard ?
Les législateurs peuvent tromper avec des beaux discours, ils ne peuvent tromper avec les faits. La société actuelle est de + en + violente et incivile. Et ce malgré les exponentielles interdictions et lois censés les encadrer. Le fait d'interdire à outrance ne fait qu'exacerber les frustrations, les esprits et les actes. Une réaction de défense instinctive qui s'appelle une rébellion. Pour y répondre, l'État ne fait qu'intensifier, durcir. D'où l escalade de violence de part et d'autre. La spirale infernale ou l'histoire navrante du chat qui se mord la queue. Il n'y a pas de plus belle preuve qu'un État illégitime, irrespectueux et sourd aux revendications des citoyens engendre bel et bien une société peuplée de malades. L'alarme des services de psychiatrique le démontre. Mais circulez, il n'y a rien à voir. Aussi Chapeau bas, Mesdames et Messieurs les députés. Sic!!

Ps : On vous pardonnerait presque si l'on n'était pas littéralement saigné pour assurer vos indécents salaires
Il est à noter que si ce "coup de gueule" concerne nos amis à quatre pattes, il est très facilement transposable aux êtres dits humains.

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Haïr Israël, c'est hyper pratique

Publié le par Jean Fred

Franchement, haïr Israël, c’est super pratique. Pas besoin de réfléchir, pas besoin d’être cohérent, pas besoin d’aimer les faits. Il suffit d’un bon slogan et d’un compte Instagram ou TikTok. C’est devenu un automatisme pavlovien, un réflexe social, un marqueur de vertu.

On peut dire qu’Israël veut « occuper le Liban », et que la frappe conjointe d’Israël et des États-Unis mènera à la troisième guerre mondiale.

Quand rien ne se passe ? Ce n’est pas grave : Les faits, c’est secondaire. De toute façon, on vous réinvitera sur les plateaux de télé, comme grand « expert ».

On voit des libanais, des iraniens vous dire que l’ennemi, c’est la république islamique d’Iran. Ce sont des organisations terroristes. On préfère ne pas les entendre. Ce n’est pas pratique.  Les prophètes modernes ne s’excusent jamais. Ils se félicitent !

On peut applaudir un cessez-le-feu, tout en exigeant que ceux qui l’ont permis soient poursuivis pour crimes de guerre. Et si le cessez-le-feu échoue, c’est, évidemment, la faute de Jérusalem.

Si l’armée israélienne frappe un commandant du hamas retranché sous un hôpital, c’est un crime contre l’humanité. Si elle prévient les civils, c’est de la guerre psychologique. Si elle ne les prévient pas, c’est un massacre.

Quand le hamas stocke des armes dans des écoles, c’est passé sous silence par tous les médias de France ou de Navarre. Quand Israël construit des abris anti-bombes, c’est du « suprémacisme » technologique, dont les palestiniens ne bénéficient pas.

Quand les juifs sont assassinés, on réclame du contexte. Quand des juifs se défendent, c’est « disproportionné ».

Si l’on appelle à la disparition d’Israël, ce n’est pas de la haine, c’est une colère légitime. Mais si un juif s’en émeut, il « instrumentalise ».

On ne parle plus d’antisémitisme, mais de « parapluie paralysant ». L’idée ? Les juifs auraient ce pouvoir magique de bloquer toute critique grâce à leur statut de victimes. On ne peut même plus haïr les juifs tranquillement.

Les larmes israéliennes sont suspectes. Leur joie, indécente. Quand deux jeunes juifs sont assassinés à Washington, on soupire : « Ils l’ont un peu cherché… génocide tout ça »

On tolère que certains juifs justifient les prises d’otages et les viols comme une « réaction au désespoir ». Mais si un israélien ose simplement dire qu’il a peur, il est accusé d’instrumentaliser la peur.

Et le plus beau ?

Vous pouvez tout dire, et son contraire. Féministe, sauf pour les israéliennes. Antiraciste, sauf pour les juifs. Anticolonial, sauf quand c’est la République Islamique d’Iran,.. Qui occupe le Liban, l’Irak et le Yémen ???

Vous n’avez jamais tort. Vous n’avez jamais à vous expliquer. Vous n’avez même pas besoin d’aimer les palestiniens. Il suffit de détester les israéliens. Ça vous donne un statut social et un défouloir psychologique.

Et ça oui, c’est très pratique…..

Pour finir, sachez que les palestiniens méritent beaucoup mieux que le hamas, tout comme les israéliens méritent mieux que leur gouvernement actuel. Mais voilà, c’est la guerre.

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Qui est chez qui? A qui appartient cette terre?

Publié le par Jean Fred

ce qui est intéressant dans le conflit israélo palestinien, ce serait de savoir : Mais qui était là le premier. Donc remontons de façon historique, l'histoire qui est en fait, l'histoire de cette terre.
- Avant, il y avait le protectorat anglais.
- il y avait même l'empire Ottoman et avant
— Il y avait les Byzantins. Et avant les Byzantins
- Il y avait les Romains. Et avant
- Il y avait les Grecs. Et avant
- Il y avait les Babyloniens. Et avant
- Il y avait les Cananéens, et avant
- Il y avait... un type qui est arrivé et qui a dit "ça, c'est chez moi"
Il s'appelait Abraham. Mais les musulmans, quand ils se sont réveillés, on dit "non, c'est Ibrahim.
Les juifs au cours de toute la vie ont juré, "non, c'est Abraham" et les musulmans toujours au cours de toute la vie affirmait que "non, c'est Ibrahim".... hey les gars !, c'est exactement la même personne!! Et c'est vérifiable en plus. Vous prenez n'importe quel rabbin, vous l'attrapez et hop, vous lui rasez juste la moustache, et qu'obtenez-vous ? bah un imam.
Ah si tout pouvait être traité sur les traits de l'humour, cela arrangerait certainement beaucoup de choses. Quoi qu'il en soit, s'il fallait remonter au temps des Byzantins et autres Romains, la Palestine fut une terre juive, c'est l'histoire, c'est le cours de l'histoire qui fait que les revendications de territoire se sont avérées, mortelles. Aujourd'hui, même les israéliens parlent de colonies et de colons, alors qu'en toute théorie, ils sont chez eux partout en Israël, y comprit à Gaza mais là, l'Onu à l'époque de la restitution de la terre, en a jugé autrement. Finalement, c'est l'onu qui a encore foutu sa merde... 🙂

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