Iutter contre l'antisémitisme ne sert plus à rien aujourd'hui
Le 7 octobre 1200 juifs ont été massacrés. Le 8 déjà, certains niaient, d’autres « contextualisaient », célébraient ou accusaient Israël de génocide. Jamais la passion antisémite ne s’était révélées aussi brutale, aussi instantanée. Depuis, les agressions se multiplient, les discriminations se banalisent, y compris en France.
Alors on allume des bougies, on plante des arbres, on vote des « plans de lutte contre l’antisémitisme ». on se persuade qu’on fait déjà beaucoup, qu’on ne laissera pas faire. Tout cela a sa valeur symbolique. Mais tout cela ne sert à rien.
Parce que l’antisémitisme n’est pas un dossier parmi d’autres. Il est le baromètre de nos démocraties. Et le baromètre explose. Il repose sur une architecture solide : un enchevêtrement d’idéologies, de fractures politiques, de mémoires tordues et d’ingérences étrangères. Tant que nous refuseront de traiter la maladie, les symptômes ne disparaîtront pas.
La maladie, d’abord c’est l’islamisme. Depuis des décennies, i la donné sa grammaire à la haine des juifs : un récit simple et meurtrier. Si le monde musulman souffre, c’est à cause d’Israël, de l’occident, des juifs. C’est la rhétorique des Frères Musulmans, du hamas, du hezbollah, reprise par les assassins de Toulouse, de l’Hyper Casher et de Charlie Hebdo. Où est le « Je suis Charlie » ? Elle sacralise la haine, recycle les vieux tropes complotistes, et lui donne une légitimité religieuse et politique.
Une idéologie amplifiée par l’argent du Qatar, de l’Iran, de la Turquie, et diffusée par des associations, des mosquées, des réseaux sociaux, des chaînes satellitaires. Tant que nous n’oserons pas fermer ces relais, tarir ces financements, opposer un contre-récit, nous ne ferons qu’étendre des incendies voués à repartir.
La maladie c’est la polarisation démocratique. La gauche radicale voit des fascistes partout sauf chez elle. La gauche modérée se couche, abandonnant ses principes. L’extrême droite ne fait que récolter les fruits. Les partis modérés, paralysés par la peur d’aborder les sujets difficiles, reculent encore. Dans ce contexte, Israël et les juifs ne sont plus la réalité, mais des symboles : incarnation du mal pour les uns, cache-misère identitaire pour les autres. Dans ce champ de ruines, les juifs se retrouvent coincés, sans maison politique, fidèles à un idéal républicain qui s’effondre.
L’Europe elle, projette son passé qui ne passe pas, sur Israël. En accusant l’état juif de génocide ou de colonialisme, elle soulage la mémoire de la Shoah, de l’Algérie, et de l’Afrique. L’injure devient féminisme, des droits de l’homme et même du droit international dévoyée. ONG et colloques vivent de l’assimilation d’Israël au « crime suprême ». A Durban, c’était un programme : depuis le 7 octobre, c’est devenu une mécanique implacable.
Enfin, le cynisme politique. Une partie des élites instrumentalise cette haine pour acheter la paix sociale. On ferme les yeux sur les prêches islamistes, on banalise les slogans radicaux, on cède aux pressions électoralistes.
A cela s’ajoute l’apathie. La majorité silencieuse voit, entend, mais détourne le regard. Elle se dit que « ce n’est pas si grave », que « ce n’est pas vraiment de l’antisémitisme », que si seulement les juifs étaient « moins sionistes », qu’il y a peut-être « deux vérités ». Cette incapacité à nommer le réel est le carburant de la haine.
C’est là que l’antisionisme radical joue un rôle de clé de voûte « Apartheid », « Génocide », « Etat colonialiste », ces mots ne décrivent pas, ils criminalisent. Ils réactivent les vieux mécanismes de l’antisémitisme européen. Appliquer aux juifs des standards différents de ceux du reste du monde, les transformer en incarnation du mal absolu. Hier c’était les Rothschild, aujourd’hui c’est Israël. Tant que ce vocabulaire sera toléré et même diffusé dans nos institutions, nos médias, nos universités, la haine sera nourrie d’une respectabilité trompeuse. Adopter des définitions de travail ne suffira pas si, dans le même temps, on continue à laisser prospérer ce langage délégitimateur.
Que signifierait affronter les racines ?
Cela veut dire nommer l’islamisme pour ce qu’il est. Cela veut dire combattre les Frères Musulmans, le salafisme et leurs réseaux, refuser que des mots comme « génocide » ou « apartheid « , soient vidés de leur sens. Cela veut dire la vérité sur l’aveuglement d’une certaine gauche, on ne peut pas prétendre lutter contre le fascisme en défilant aux côtés d’islamistes qui célèbrent le 7 octobre ou appellent à « globaliser » l’intifada. Cela veut dire couper les canaux financiers venant de Doha, de Téhéran ou de Moscou qui alimentent Ong et médias empoisonnant notre débat public.
Et cela veut dire quelque chose de plus difficile. Reconstruire le courge civique. Apprendre aux jeunes à ne pas craindre le débat, la contradiction, les mots. Défendre la liberté d’expression non comme une abstraction mais comme la condition même de survie des sociétés pluralistes. Réapprendre à penser de manière critique, à contredire sans « canceller », à débattre sans détruire.
Rien de tout cela ne se fera du jour au lendemain. Mais tout cela est nécessaire.
Voilà pourquoi les « plans » échouent. Parce que l’antisémitisme n’est pas une haine parmi d’autres. Il est le symptôme d’une crise civilisationnelle. Tant qu’on le traitera comme un dossier technique confié à un délégué interministériel, au lieu d’une politique générale embrassant l’éducation, la culture, la diplomatie, la régulation des réseaux sociaux, la sécurité intérieure et la politique étrangère, on continuera à se tromper. On fera mine de traiter la haine dans un service pendant qu’on la laisse prospérer dans tous les autres. On commémorera d’une main ce qu’on l’on banalise de l’autre.
Les juifs ne sont pas le problème. Ils ne l’ont jamais été. Mais ils sont l’indicateur et cet indicateur est rouge vif.
@basé sur un texte trouvé sur instagram
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