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Lettre ouverte aux antisémites - Docteur Simon Berribi

Publié le par Jean Fred

Du docteur Simon Berribi - Lettre ouverte aux antisémites. 

Vous dites que nous contrôlons les banques.
Vous dites que nous dirigeons Hollywood.
Vous dites que nous dominons les médias.
Vous dites que nous avons trop d’influence, trop de pouvoir, trop d’orgueil.
Mais vous ne demandez jamais comment – ni pourquoi.
Alors laissez-moi vous l’expliquer.

On nous a interdit de posséder des terres, alors nous avons appris à vivre grâce à notre esprit.
On nous a exclus des corporations et des métiers, alors nous sommes devenus commerçants, savants, médecins et avocats.

Notre attachement à l’éducation ne vient pas du privilège – il vient de la nécessité.
De l’exclusion. De la survie.
Quand on nous a refusé l’accès aux universités, nous avons créé nos propres yeshivot (centre d'étude).
La Torah est devenue notre ancre morale. Le Talmud, notre terrain d’entraînement intellectuel.
Quand on s’est moqué de nous parce que nous étions « trop studieux », nous avons fait du savoir notre défense. L’insulte est devenue notre armure.

Dans l’Europe médiévale, il était interdit aux chrétiens, par l’Église, de prêter de l’argent à intérêt.
Mais les rois avaient besoin de prêts, et quelqu’un devait bien faire les recouvrements.
Alors ils se sont tournés vers les Juifs – déjà méprisés, déjà marginalisés.
Nous sommes devenus prêteurs sur gages, non par ambition, mais par contrainte.
Et ensuite, on nous a haïs pour cela.

En Amérique, on nous a exclus des professions « respectables ».
Alors nous sommes partis vers l’Ouest et avons contribué à inventer Hollywood – non pour manipuler, mais pour rêver. Pour raconter des histoires. Pour créer de la magie.

Quand les universités d’élite ont limité le nombre d’étudiants juifs, nous avons fondé Brandeis.
Quand les hôpitaux ont refusé d’engager des médecins juifs, nous avons construit l'hopital Cedars-Sinai.
Quand les cabinets d’avocats ont fermé leurs portes, nous avons ouvert nos propres cabinets d'avocats au nombre de 2 pour commencer:  Skadden et Wachtell.
Nous ne cherchions pas à dominer – nous cherchions simplement à vivre.

Nous avons été expulsés d’Espagne.
Massacrés en Pologne.
Pendus en Iran.
Lynchés en Géorgie.
Bombardés en Allemagne.
Et pourtant, nous avons survécu. Nous avons appris. Nous nous sommes souvenus.

En 1948, le monde a vu près d’un million de Juifs expulsés ou fuyant les pays arabes.
Leurs maisons, leurs commerces et leurs synagogues ont été saisis ou incendiés.
Pas de camps de réfugiés. Pas d’agences de l’ONU. Pas d’appels mondiaux à la justice.
Aucun « droit au retour » pour les Juifs de Bagdad, d’Alep ou de Tripoli.

Vous dites que nous sommes tribaux. Mais nous avons essayé de nous intégrer.
Nous avons changé nos noms. Lissé nos boucles. Abandonné notre foi.
Mais chaque fois que nous avons essayé de disparaître, vous nous avez rappelé qui nous étions.
Alors nous nous sommes tournés vers nous-mêmes. Nous nous sommes soutenus les uns les autres.
Nous avons construit des synagogues quand vos lieux de culte nous fermaient leurs portes.
Nous avons bâti des hôpitaux quand nous n’étions pas les bienvenus dans les vôtres.
Nous avons fondé des organisations pour nous défendre quand personne d’autre ne le faisait. 
Et quand aucun pays ne voulait de nous – nous avons construit le nôtre.

Puis vint le 7 octobre 2023.

Vous dites que vous haïssez Israël à cause de sa politique.
À cause de la terre. Des frontières.
Mais le 7 octobre 2023, le Hamas n’a pas attaqué des soldats.
Il n’a pas pris d’assaut des postes militaires.
Il a violé des femmes. Il a décapité des bébés.
Il a brûlé des familles vivantes.
Il a massacré des civils dans leurs maisons, bombardé des abris et assassiné des jeunes à un festival de musique.
Ce fut le pire massacre de Juifs depuis la Shoah.
Et pendant que nos morts restaient sans sépulture, le monde n’a pas pleuré avec nous – il s’est retourné contre nous.

Des étudiants brandissaient des pancartes « Gloire aux martyrs ». Des manifestants agitaient des croix gammées à Sydney.  « Gazez les Juifs » a été tagué sur les murs de Berlin.  Des étudiants juifs ont été enfermés dans des bibliothèques à New York.  Des étudiants du MIT ont été empêchés d’aller en cours.
À Harvard, on leur a dit d’enlever leurs étoiles de David pour leur sécurité.  Alors que nos otages saignaient encore dans des tunnels.

Non – il ne s’agit pas de frontières.  Vous nous haïssiez déjà avant 1948.
Avant que l’État d’Israël n’existe.  Avant qu’une seule ligne ne soit tracée sur une carte.

Ce que vous haïssez, c’est que le Juif a maintenant du pouvoir.
Un drapeau. Une armée. Un gouvernement. Un foyer.  Vous nous préfériez faibles. Errants. Désolés.
Dépendants de votre pitié ou de votre permission de vivre.

Israël n’est pas un cadeau. C’est une nécessité.
Nous n’avons pas colonisé cette terre – nous y sommes revenus et la nuance est plus qu'importante 
Les Juifs vivent à Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade depuis plus de 3 000 ans.
Nous avons prié vers Sion pendant des siècles. Nous avons parlé l’hébreu alors que le monde nous disait d’oublier. 
Nous avons fait fleurir le désert. Nous avons asséché les marais, planté des forêts, ressuscité une langue perdue. Nous avons accueilli des survivants de la Shoah, des dissidents russes, et des Juifs éthiopiens arrachés à la famine. 
Nous avons bâti une nation entourée d’ennemis, boycottée par le monde, hantée par les cendres d’Auschwitz. Israël n’a pas été fondé à cause de la Shoah, mais après deux mille ans d’exil, de génocide et de trahison – et c’est la seule assurance contre le prochain. 
« Plus jamais ça » n’est pas un slogan. C’est le Dôme de Fer. C’est le F-35.
C’est la jeune fille de 18 ans en uniforme vert olive qui veille pour que les enfants de Sderot puissent dormir.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

Quand la Russie a envahi l’Ukraine, le monde a crié. Des drapeaux bleus et jaunes sur chaque profil.
Des armes, de l’aide, de la solidarité – à juste titre. Mais quand le Hamas a brûlé des enfants israéliens vifs, on nous a dit de « désescalader ».
Quand nous défendons nos villes, on nous traite de monstres. Quand nous enterrons nos morts, vous protestez contre notre deuil.


Pourquoi ?

La paix est possible. Nous avons essayé.

Vous dites que les Juifs sont des étrangers au Moyen-Orient. 
Mais les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan ne sont pas d’accord.
Les Accords d’Abraham ont prouvé que la paix n’est pas seulement possible – elle est réelle.

Israël envoie de l’aide aux victimes du tremblement de terre en Syrie. 
Des médecins et des députés arabes siègent à la Knesset israélienne.

Nous cherchons la coexistence. 
Vous scandez : « Du fleuve à la mer ». "From the river to the sea" - soit, du Jourdain à la mer. 
Nous choisissons la vie.
Vous scandez la mort.

Oui – Israël est fort aujourd’hui. Baruch Hashem.
Car un Juif sans pouvoir est un Juif mort.
Et l’histoire nous a appris : aucun roi, aucun pape, aucun président ne nous sauvera.

Nous ne voulons pas dominer. Nous voulons simplement vivre.
Libres. Fiers. Sans nous excuser.

Vous n’avez pas besoin de nous aimer.
Vous n’avez pas besoin d’être d’accord avec nous.
Mais plus jamais vous ne déciderez si nous avons le droit d’exister.

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On en pense ce que l'on veut de cette lettre ouverte aux antisémites. je l'ai trouvé plutôt juste, pleine de bon sens et emprunt d'honnêteté. 

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L'enfant qui tousse

Publié le par Jean Fred

Lorsque les portes de Mauthausen se sont ouvertes, la libération a révélé non pas un triomphe mais une mer de corps brisés, des ombres de personnes s'accrochant à la vie. Des médecins et des secouristes se sont précipités, portant des bandages, de la nourriture et de l'eau. Au milieu du chaos, une petite silhouette a attiré leur attention : une petite fille de six ans nommée Sarah, son corps si frêle qu'elle semblait presque sans poids.
Elle toussait violemment, chaque souffle déchirant sa poitrine comme un couteau. Un médecin militaire s'est agenouillé à ses côtés, la soulevant doucement et lui offrant une tasse en métal d'eau. Sarah l'a repoussée, chuchotant avec ce peu de force qu'elle avait : "Ne le gaspille pas pour moi."
Le médecin, les yeux piqués de larmes, a secoué la tête. Il a pressé la tasse contre ses lèvres et a dit doucement : "Enfant, pour toi, je donnerais toute la rivière."
À ce moment-là, l'eau est devenue plus qu'une question de survie - elle est devenue amour, dignité et la promesse d'une vie retrouvée. Sarah a bu, a toussé à nouveau, puis s'est lentement... Cette histoire n'est probablement que le début… Cliquez sur le lien ci-dessous pour la lire en entier.
 
 
L'enfant qui tousse

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Le 1er statut des juifs en 1940

Publié le par Jean Fred

Le 3 octobre 1940,  le régime de Vichy adopte le statut des juifs, premier acte de sa politique antisémite

 

Comment définir le statut des juifs ?

Le statut des juifs est un projet voulu par l’extrême droite, qui dès les années 30 rêve d’empêcher les juifs d’occuper une position de pouvoir, d’influence dans la fonction publique, la presse, le cinéma ou le théâtre. Mais comment savoir qui est juif ? Le gouvernement va utiliser les résultats du recensement des juifs exigés par les allemands en zone occupée, et diligenter des enquêtes internes dans chaque corps de l’état pour que les juifs présumés soient repérés.

Qu’affirme le 1er statut ?

Le premier statut affirme qu’est regardée comme juif toute personne issue de trois grands-parents juifs ou de deux grands-parents de la même religion si son conjoint lui-même est juif.

Le statut des juifs du 3 octobre 19040 qui vise entres autres à chasser les juifs de la fonction publique va principalement toucher des juifs français. En effet pour intégrer la fonction publique, il faut alors être français et né d’un père français.  Le résultat de tout cela : 3000 fonctionnaires (militaires, professeurs, juges) sont mis à la retraite d’office.

Le 1er statut des juifs en 1940

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La Lorraine en flamme.. Le génocide oublié

Publié le par Jean Fred

Le génocide occulté de la guerre de Trente Ans 
 
 
Un essai sur la souffrance, le pouvoir et le silence de l’histoire
Prologue : L’hiver 1636
Janvier 1636. Sur les champs de Saint-Avold, le givre repose comme un linceul. Les greniers sont vides, le bétail emmené, les chemins muets. Des hommes s’agenouillent dans la terre gelée, arrachent des racines, des femmes font bouillir de l’herbe et de l’écorce, des enfants mâchent la dernière croûte entre leurs dents. Au bord du bois passe une colonne – Suédois, Espagnols, Français, mercenaires qui ne savent plus pour qui ils se battent, seulement qu’ils ont faim. La colonne se défait en groupes qui franchissent les clôtures, ramassent les restes, enfoncent les portes. Qui proteste finit au gros bras du vieux chêne. Les arbres de pendaison deviennent les nouveaux emblèmes du pays.
Les chiffres que l’on retrouvera plus tard dans les chroniques et les registres fiscaux parlent une langue muette : en trois décennies, la population de la Lorraine chute de quarante à soixante pour cent – jusqu’à 250 000 morts, anonymes, dont la vie ne figure dans aucune épopée. Ils meurent de faim, de fièvre, de dysenterie, d’épuisement, de la violence des armées en marche. De la carte politique de l’Europe, il ne reste ici qu’une lutte quotidienne pour le pain, le sel, le bois. La Lorraine, coincée entre l’Empire et la France, devient un couloir pour les armées et le réceptacle de leurs restes : villages incendiés, femmes violées, enfants orphelins, champs dévastés.
La souffrance des hommes : La voix des sans-nom
La faim : quand le corps se dévore lui-même
Dans les registres paroissiaux de Saint-Avold, Toul ou Nancy apparaissent des mentions telles que : « Anna, fille de Michel, morte de faim, 12 ans » ou « Famille Legrand, cinq âmes, toutes éteintes en février ». On ne meurt pas seulement d’inanition, mais de ce que la faim provoque : faiblesse, vulnérabilité à la peste, à la dysenterie, aux fièvres qui hantent les huttes comme un bourreau invisible. L’épidémie achève ce que la guerre commence.
La violence : quand la patrie devient champ de bataille
Les gravures de Jacques Callot le montrent sans détour : soldats traînant les paysans par les cheveux, femmes se plaquant contre les murs tandis que les maraudeurs pillent leurs maisons. Dans les « Grandes Misères de la guerre » une planche glace particulièrement : « La Pendaison » – l’arbre des suppliciés, où pendent des civils, tandis que les soldats s’éloignent, comme si ce n’était qu’une routine de guerre. Callot, Lorrain lui-même, connaît ces scènes. Il voit les voisins devenir ennemis, la méfiance déchirer les communautés, les plus faibles – vieux, enfants, malades – tomber les premiers.
Les déplacés : quand la route devient dernier foyer
Sur les chemins entre Metz et Nancy avancent des colonnes d’expulsés, leurs biens entassés sur des charrettes, les enfants vêtus de manteaux trop petits depuis des années. Ils fuient les armées en marche, les incendies, les enrôlements forcés. Beaucoup n’arriveront jamais. Dans les archives subsiste le rapport d’un curé de Toul : « Ils sont venus le soir, demandant un abri ; au matin, trois d’entre eux gisaient morts dans l’étable. Nous les avons enterrés derrière la grange, sans cloches, sans prière. »
Les femmes : porteuses invisibles du fardeau
Les hommes partis, fauchés ou enfuis, les femmes restent. Elles tiennent les familles debout, enterrent les morts, mendient du pain, cachent les dernières provisions. Dans les registres fiscaux, elles apparaissent soudain comme « chefs de ménage » – preuve muette que les hommes manquent. Pourtant leurs voix sont absentes des chroniques. Leurs histoires ne furent presque jamais écrites. Seules quelques notes marginales des prêtres, quelques rumeurs de village en village, gardent trace de leur souffrance : « La veuve Claudel a donné sa dernière chemise pour un pain. »
La froide politique : jeux de pouvoir sur des cadavres
Richelieu et Mazarin : architectes de la dépopulation
Le cardinal de Richelieu voit dans la Lorraine un obstacle – un duché qui pourrait s’opposer à la suprématie française. Son plan est glacial : « La Lorraine doit être démilitarisée, défortifiée, dépeuplée, pour ne plus jamais représenter une menace. » Il ordonne la démolition des châteaux, la destruction des villes fortifiées. La Mothe, symbole de résistance, est rasée en 1645 – non par nécessité militaire, mais comme exemple.
Mazarin poursuit cette politique. Tandis qu’à Paris on discute d’alliances et de diplomatie, en Lorraine la population meurt. La « raison d’État » justifie tout : « Un pays dépeuplé se gouverne plus aisément qu’un pays rebelle. » Les armées qui traversent la Lorraine ne sont pas seulement mercenaires, mais instruments de cette stratégie. Elles réquisitionnent, brûlent, tuent – et repartent, laissant les survivants creuser des tombes.
Les armées : une logistique de mort
La guerre de Trente Ans est le premier conflit « total » de l’époque moderne. Les armées ne vivent pas de ravitaillement, mais du pays. « Prends ce qu’il te faut. » Les soldats pillent méthodiquement. Ils prennent le grain, le bétail, les dernières réserves. Ils laissent derrière eux des granges incendiées, des puits empoisonnés, des femmes violées. « Ce n’est plus une guerre, c’est un massacre », écrit un officier suédois en 1637 dans son journal.
Les traités : du papier sur des charniers
En 1648, la paix de Westphalie est signée. Les diplomates s’enorgueillissent, l’Europe se redessine. La Lorraine ? Une note de bas de page. La France reçoit des terres, les forteresses restent détruites, la population décimée. « La paix est faite », annonce l’envoyé français – tandis que dans les villages, les survivants tentent de reconstruire sur les ruines.
L’absence de mémoire : pourquoi la Lorraine fut oubliée
Les vainqueurs écrivent l’histoire
Après 1648, la France cultive le mythe du « grand roi » Louis XIV. Les souffrances des provinces n’y ont pas place. En Allemagne, la guerre est racontée comme « catastrophe allemande » – mais la Lorraine, broyée entre deux puissances, n’a pas sa voix. Les monuments qui s’élèvent plus tard honorent les guerres du XIXe et du XXe siècle. Pour les victimes de 1636, aucune pierre.
La langue du silence
Dans les familles, le traumatisme se transmet, rarement nommé. Les petits-enfants demandent : « Pourquoi sommes-nous si peu ? » La réponse : un haussement d’épaules, un « C’étaient des temps durs. » Les chroniques s’interrompent, les registres paroissiaux ont des trous. « Certaines pages sont blanches, comme si on les avait arrachées », confie un archiviste à Nancy.
La nature comme seul mémorial
Aujourd’hui, la forêt recouvre les ruines de La Mothe. Les collines, jadis fortifiées, sont envahies de buissons. Celui qui s’y tient ne voit plus que les contours des fossés. Sous ses pas, les pierres d’anciennes maisons. « Ici se tenait une ville », dit un panneau – rien de plus.
Un appel : pourquoi nous devons nous souvenir
L’histoire de la Lorraine pendant la guerre de Trente Ans est plus qu’une tragédie régionale. C’est un avertissement : voici ce qui advient quand la politique oublie les hommes. Voici ce qui reste quand la mémoire se dissipe. Voici combien la souffrance s’enfouit vite dans les statistiques.
Des monuments qui parlent
  • Un « chemin des sans-nom » le long des anciennes routes de La Mothe, avec des panneaux rappelant les noms reconstitués des victimes.
  • Un « jardin des villages disparus » à Nancy : pour chaque village détruit, un arbre, une plaque, quelques noms préservés.
  • Une « installation sonore » dans les bois de La Mothe : les noms des morts chuchotés quand le vent passe entre les arbres.

    (Paru sur la-derniere-cartouche.com)
Éducation : combler les vides
  • Des projets scolaires pour enseigner la « catastrophe lorraine » – avec témoignages, mises en scène, excursions.
  • Un « annuaire des sans-nom » publiant les recherches sur les victimes.
  • Un mémorial numérique reliant les gravures de Callot à des cartes interactives et documents d’archives.
Politique de mémoire
  • Des excuses officielles des gouvernements français et allemand.
  • Une « Journée des villages disparus » en Lorraine.
  • Un fonds de recherche pour historiens et archéologues, afin de retrouver les traces des destructions.
Épilogue : Ce que nous devons dire aux morts
Quand nous nous tenons aujourd’hui devant les ruines de La Mothe, nous devrions d’abord nous taire. Taire, car les mots paraissent présomptueux devant ce vide. Puis dire aux morts : votre mort n’était pas sans nom. On a voulu que vous soyez effacés, que votre ville disparaisse sous l’herbe et la forêt, que même l’écho de vos noms s’éteigne dans la prière. Mais vous êtes encore là. Dans les gravures de Callot, dans les chroniques, dans les chiffres que les historiens déchiffrent, dans les forêts qui couvrent vos murs. Nous nous inclinons devant votre endurance, votre souffrance, devant le fait que, malgré la violence, vous restez partie d’une histoire qu’on ne peut pas anéantir.
Et aux vivants, il faut dire : cessez de vous accommoder du silence. L’histoire ne rend pas justice d’elle-même. Elle exige qu’on la regarde en face, même si cela fait mal. La Lorraine mérite des monuments, pas seulement pour les héros de la Résistance ou les soldats de Verdun, mais aussi pour les paysans, les enfants, les femmes du XVIIe siècle, sacrifiés parce qu’ils vivaient au mauvais endroit, au mauvais moment.
Se souvenir n’est pas du ressentiment. Se souvenir est justice. Refuser le souvenir, c’est se rendre complice d’une seconde mort – la mort dans l’oubli.
 
 
La Lorraine en flamme.. Le génocide oublié

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L'hypocrisie de l'occident

Publié le par Jean Fred

Après les frappes d'Israël sur Doha au Qatar, la réaction internationale a été aussi rapide que prévisible. En quelques heures, les condamnations se sont enchaînées: "Escalade imprudente", "violation flagrante de la souveraineté", "menace pour la stabilité régionale". Macron, solennel, a jugé l'attaque "inacceptable, quelles qu'en soient les raisons", et a affirmé sa solidarité avec le Qatar et son émir, Cheikh Tamim Al Thani, rappelant qu'en aucun cas la guerre ne doit s'étendre à l'ensemble de la région. A Londres, Keir Starmer s'est empressé de dénoncer sur X "une violation de la souveraineté du Qatar". 

Un choeur d'indignation, rodé, presque automatique. Et pourtant, derrière ce vacarme, un fait essentiel demeure absent: Depuis plus d'une décennie, le Qatar est le parrain et le sanctuaire du Hamas. Les hommes visés par Israël à Doha n'étaient pas des fonctionnaires secondaires. ils constituaient le coeur dirigeant de l'organisation, ceux qui ont planifié et financé le pogrom du 7 octobre, tout en diffusant leur propagande depuis des suites luxueuses d'hôtels protégés par un émirat allié des Etats Unis.

Que Doha ait servi de refuge au Hamas n'a jamais été un secret. C'était une politique assumée, et tolérée.

Petit territoire, à peine plus grande que l'Île de France, moins peuplé que Paris, le Qatar n'a pas construit sa puissance par la force militaire. Ses dirigeants ont inventé uen autre architecture, celle de la contradiction institutionnalisée. 

L'Emirat est devenu maître dans l'art du grand écart. D'un côté, il a offert aux américains la base d'Al Udeid, la plus vaste base militaire des Etats Unis au Moyen Orient, pivot de leurs opérations régionales. De l'autre, il s'est enraciné dans l'écosystème islamiste: financement des Frères musulmans, refuge offert aux envoyés talibans, soutien généreux du hamas. il a ajouté à cette équation une arme redoutable, les médias. Avec Al Jazeera et son prolongement numérique AJ+  Doha a exporté son ambiguïté dans les salons et sur les écrans du monde entier. Derrière un vernis moderne, parfois même progressiste, ces plateformes ont normalisé le récit islamique, diabolisé Israël, amplifié chaque gief contre l'Occident, tout en présentant le Qatar comme un médiateur moderne et incontournable. 

Ce double rôle n'était pas une anomalie. il était le système. Washington avait besoin de la base. L'Europe voulait le gaz et les milliards. Même Israël s'appuyait sur Doha pour financer Gaza et négocier des trêves. L'arrangement était immoral, mais pratique: la terreur gérée, jamais éradiquée. La guerre contenue, jamais terminée.

Et Doha ne s'est pas contenté de jouer ce jeu dans la région. Il a exporté son influence jusque dans nos capitales. En France, des milliards ont irrigué les institutions culturelles, les universités, les réseaux sportifs et politiques. Le PSG est devenu son plus bel outil de communication, un maillot transformé en emblème de respectabilité. Dans l'ombre, Qatar Charity finançait mosquées, associations et établissements scolaires liés aux Frères Musulmans.

En mai ernier, le ministre de l'intérieur publiait un rapport sur les frères musulmans. On y lisait l'existence de 139 lieux de culte affiliés, de centaines d'associations et de plusieurs dizaines d'écoles, connectés par des financements étrangers, en particulier, qataris. Le lycée Averroès à Lille, longtemps soutenu par Qatar Charity, en est l'exemple emblématique. L'association des musulmans d'Alsace, un autre. Preuve que Doha agit ici, au coeur de nontre République.

En Grande Bretagne, l'opération de légitimation fu tencore plus spectaculaire. les Al-Thani possèdent Harrods, 95% de la tour The Shard, des parts de Canary Wharf, un quart de Mayfair, près de 20% de l'aéroport de Heathrow. Selon certaines estimations, ils possèdent davantage de Londres que la Couronne elle-même. Le Slyline de la capitale britanique est devenu un monument au soft power qatari, des tours de verre qui masquent les ombres derrière leur éclat. 

le pacte était clair: le luxe pour nous, l'impunité peur eux.

le 7 octobre a pulvérisé cette illusion. Le massacre du hamas a rappelé le prix de cette gestion cynique de la terreur. La frappe israélienne à Doha est venue dire que les sanctuaires n'existent plus. Nulle part! Mais la réaction a révélé moins la détermination d'Israël que la confusion morale de l'occident. 

Lorsque les forces spéciales américaines ont franchi la frontière pakistanaise pour éliminer Oussame Ben Laden à Abbottabad en 2011, ce fut célébré comme justice. Barack Obama fut salué en héros. Quand la France traquait les chefs djihadistes au Sahel, franchissant les frontières du Ali, du Niger ou du Tchad, elle fut louée pour avoir progégé ses citoyens. la souveraineté, alors pliait devant l'exigence supérieure de sécurité.  Mais quand Israël applique le même principe en visant les commanditaires du 7 octobre à Doha, l'indignation devient unanime. Soudain la souveraineté redevient sacrée. Soudain le droit exige la retenue. 

Le principe, lui n'a pas changé. L'article 51 de la Charte des Nations Unis consacre le droit de légitime défense. Un état qui héberge des terroristes abdique sa prétention à une souveraineté intouchable. Ce qui a changé, c'est notre volonté de l'appliquer avec constance. 

C'est l'hypocrisie qui se déguise en principe. 

L'indignation française, en particulier, est difficile à avaler. Macron fut catégorique: "c'est inacceptable, quelles qu'en soient les raisons". Mais la France n'a jamais hésité à frapper au delà de ses frontières lorsque ses citoyens étaient menacés. Pendant une décennie, ses avions ont traqué les émirs du djihad au Sahel, au mépris des souverainetés locales impuissantes ou complaisantes. 

Et la France ne peut pas non plus plaider l'ignorance. le rapport du ministère de l'intérieur a exposé noir sur blanc les réseaux d'influence islamistes sur son sol, nombre d'entre eux financés par Doha. Paris sait que le Qatar n'est pas un médiateur neutre. Elle sait que son argent ne paie pas seulement les footballeurs, mais des idées, des institutions, des fidélités. Et pourtant, le silence. Mieux vaut condamner Israël que regarder en face la vérité dérangeante. Le parrain du hamas est aussi notre partenaire. 

Voilà pourquoi la frappe à Doha compte. Elle n'est pas seulement l'affaire d'ISraël, elle est nôtre. Elle interroge notre capacité à affronter la duplicité dont Doha est le nom. Depuis trop longtemps, nous avons laissé le Qatar jouer sur les deux tableaux: allié policé et parrain islamiste, investisseur occidental et financier de la terreur. 

Et pourtant, le Qatar n'est pas condamné à ce double jeu. il pourrait faire un choix. Cesser d'être l'incendiaire et le pompier à la fois. Se détacher du hamas et des frères musulmans, assumer les responsabilités que suppose la souveraineté.  Mais Doah ne choisira pas tant que nous continuerons à lui offrir deux vies. Washington doit cesser de croire qu'une base militaire vaut absolution éternelle. Londres et Paris doivent cesser de confondre tours de verre et légitimité morale. Et la France, surtout, doit prendre au sérieux son propre rapport à l'islamisme. Traiter les financements qataris comme une menace pour la sécurité nationale, non comme une gêne diplomatique. 

En ce sens, Israël a rendu un service paradoxal à l'Occident. En brisant un tabou que d'autres préféaient maintenir, Jérusalem a imposé une confrontation que nous différions depuis des années. Si le Qatar doit changer, c'est à nous de l'y contraindre, par la clarté, par la fermeté, en refusant de lui laisser une double vie. 

Ce n'a jamais été seulement l'histoire d'Israël. C'est la nôtre. Celles de nos normes, de notre cohérence, et de notre capacité à exiger qu'un allié revendiqué se comporte comme tel. L'occident a trop longtemps dorloté le Qatar. la frappe israélienne rend cette complaisance plus difficile à prolonger. 

Ce texte ô combien sensé et si clair est de Simone Rodanbenzaquen. 

 

L'hypocrisie de l'occident

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Que faire des juifs.. par Joan Sfar

Publié le par Jean Fred

On finira par me taxer de je ne sais quoi à tout le temps défendre les juifs.. moi qui n'y suis que peu, voir pas du tout... C'est ainsi lorsque l'on se doit de défendre la liberté d'être, la liberté de vouloir vivre tranquillement avec ses convictions quelles soient religieuses ou autres. C'est donc un ouvrage de Joan Sfar, avec son propos l'accompagnant. 

je le cite donc. 

"C'est le seul de mes ouvrages qui relève réellement du domaine de l'historien. Histoire du peuple juif et histoire de l'antisémitisme. Je m'y suis attelé parce que j'avais la certitude que la falsification et le boycott de l'histoire juive nous pendait au nez . Nous y sommes avec ce boycott universitaire que subit le colloque du @mahjparis . La Palestine a bon dos! Les universitaires qui refusent qu'on enseigne paisiblement l'histoire des français juifs font partie de cette espèce qui ne supportent les juifs ni en Europe ni au Proche-Orient. On a bien compris qu'ils nous veulent sous terre et si possible silencieux. Total soutien au @mahjparis @les_arenes"

 

Que faire des juifs.. par Joan Sfar

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Peut-on survivre à la guillotine? Article paru dans Slate France

Publié le par Jean Fred

Peut-on survivre à la guillotine?  Article paru dans Slate France

C'est un débat qui a agité la communauté de médecins et de chercheurs depuis 1793: les personnes décapitées sont-elles encore conscientes après avoir perdu la tête?

«Quand la tête de Charlotte Corday fut tombée sous le fatal couteau, l'exécuteur, la montrant au peuple, osa lui appliquer deux soufflets. Les joues se couvrirent d'une rougeur qui frappa tous les regards.» Cette observation, rapportée par un témoin de l'exécution, le 17 juillet 1793 sur la place de la Concorde (Paris), a glacé le sang des spectateurs. Habituellement, les joues des cadavres ne rougissent pas. Pourtant, celles de la meurtrière de Jean-Paul Marat l'ont fait. Serait-ce la manifestation d'une forme de colère, de douleur ou de honte? Autrement dit, la marque d'une lucidité?

À la fin du XVIIIe siècle, les scientifiques sont convaincus que le cerveau est le siège de la pensée et de l'âme. Rien de surprenant, plaident-ils, à ce que les têtes séparées du tronc puissent encore manifester brièvement une activité cognitive. Plusieurs observations macabres vont dans ce sens: clins d'œil, spasmes faciaux, grimaces post-mortem… La Terreur révolutionnaire donne à voir par milliers les horribles rictus qui tordent les visages des «raccourcis». On raconte même que deux députés rivaux, condamnés coup sur coup, auraient poursuivi leur prise de tête dans les paniers de la guillotine, l'un des décapités ayant mordu la tête de l'autre!

Bien entendu, il se trouve quelques savants pour battre en brèche ces conclusions hâtives. À les entendre, les contractions du visage et autres convulsions post-mortem ne seraient que des réflexes nerveux, non l'expression d'une forme de conscience. «Pourquoi en effet confondre la sensibilité morale et la douleur avec l'irritabilité des fibres et la sensibilité purement mécanique?», s'indigne le médecin et député René-Georges Gastellier en 1796.

Une idée derrière la tête

Si le débat est aussi virulent, c'est parce que la guillotine avait initialement été introduite pour assurer une mort «douce» et indolore aux suppliciés. «Avec ma machine, je vous fais sauter la tête en un clin d'œil et vous ne souffrez point. Le supplice que j'ai inventé est si doux qu'on ne saurait que dire si on ne s'attendait pas à en mourir et qu'on croirait n'avoir senti sur le cou qu'une légère fraîcheur», assurait le docteur Joseph-Ignace Guillotin en 1789.

Or, les signaux d'une conscience post-décapitation contredisent l'efficacité du «rasoir national»: ils indiquent plutôt une terrible et muette agonie… Après tout, on voit bien des poules ou des serpents continuer à se mouvoir après leur décapitation! «Quelle situation plus horrible que celle d'avoir la perception de son exécution et à la suite l'arrière-pensée de son supplice», commente, amer, le médecin et chirurgien Jean-Joseph Sue (père d'Eugène Sue), en 1797.

Incapables de trancher, les scientifiques multiplient les expériences sur les têtes orphelines, les stimulant de diverses manières afin de déterminer si elles conservent un semblant de vie consciente. «Deux têtes coupées ayant été exposées aux rayons du soleil, les paupières qu'on avait soulevées se refermèrent avec une vivacité brusque», rapporte une anecdote de couloir du laboratoire du docteur Séguret. Le débat n'étant toujours pas résolu à la fin du XVIIIe siècle, les chercheurs redoublent d'inventivité, utilisant les nombreuses têtes moissonnées par les bourreaux afin de percer cet étrange mystère.

Peut-on survivre à la guillotine?  Article paru dans Slate France

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