𝗞𝗔𝗠𝗘𝗟 𝗗𝗔𝗢𝗨𝗗 incarcéré en Algérie


Si tout le monde connaît, au moins dans les grandes lignes, la Torah écrite, que les chrétiens appellent l’Ancien Testament, très peu connaissent réellement la Torah orale, le Talmud. Talmud signifie littéralement « étude » en hébreu. L’éducation religieuse des enfants juifs se fait aujourd’hui par le Talmud Torah : des classes d’étude de la Torah pour donner les fondements d’éducation religieuse à l’enfant. Torah est un mot hébraïque que l’on pourrait traduire par « manuel », « mode de fonctionnement ». Le Talmud, fondamentalement, serait alors l’étude de ce véritable « manuel de la vie » qui est, pour les juifs, le corpus hébraïque.
Il paraît compliqué de comprendre pourquoi les juifs auraient besoin d’un corpus supplémentaire à la Torah écrite, c’est-à-dire à l’Ancien Testament. Pourquoi celle-ci, émanant directement de Dieu, ne serait pas suffisante ? Le Deutéronome, un des livres de la Torah, dit que l’interprétation de ses préceptes doit être confiée aux sages des générations à venir, à un guide interprétatif :
Cette partie du Deutéronome et de ce « guide interprétatif » a fondé le pouvoir d’interprétation de l’Écriture par l’Église catholique et sa légitimité à fixer des règles. La différence étant que l’Alliance ayant été ouverte par Jésus par les catholiques, ce ne serait plus au peuple juif d’interpréter la loi, mais aux descendants de saint Pierre, sur qui la nouvelle Alliance repose. Le Talmud est donc un des principaux travaux d’aboutissement et de commentaire de cette loi orale, produit en Babylonie et en Galilée, du IIIe à la fin du Ve siècle de l’ère chrétienne.
Le Talmud a suscité fantasmes et dénigrements de l’Europe médiévale à nos jours. Les livres du Pentateuque, des Prophètes et des Hagiographes, parties intégrantes du corpus chrétien, n’ont plus été attaqués sérieusement par la théologie chrétienne après la condamnation du marcionisme (144). Pour s’en prendre aux juifs, c’est donc le Talmud qui a été utilisé, à la fois par une frange antisémite de l’Église, mais aussi par toutes les autres formes d’antisémitisme, religieuses ou non.
À cette fin, de nombreuses citations tronquées, voire sorties sans vergogne de leur contexte, ont été utilisées pour montrer le caractère supposément atroce de ce texte. Pire encore : de faux Talmud ont été publiés à travers l’Histoire. Des citations de ces faux Talmud, composées de références absolument inexistantes, refont leur émergence sur Internet, prétextant que la loi orale des juifs prétendrait que les relations avec les enfants sont autorisées, qu’il faut mépriser et blâmer le non-juif, voire, pire, qu’il serait permis de le voler ou de le tuer.
Il est essentiel de combattre ces mensonges.
source: La culture générale https://www.laculturegenerale.com
A travers l’histoire, certains lieux en apparence inconnus, sont devenus de profondes plaies dans la mémoire de l’humanité.
Fin septembre 1941, après la prise de Kiev par les allemands, une peur sourde s’empara de la ville. Nul ne savait ce qui allait se passer, mais des affiches apparaissant sur les murs délabrés de la ville, alimentaient un sentiment d’inquiétude. « Juifs, apportez vos papiers d’identité, vos objets de valeur, votre argent et des vêtements chaud. Rassemblez-vous à l’endroit indiqué. Tout refus sera motif d’exécution.
Le matin fatidique du 29 septembre 1941, avant même que le soleil n’ait dissipé la brume matinale, une longue file de juifs se mit en route. Des mères portaient leurs enfants, tentant de les protéger du regard dur des soldats. Des vieillards, appuyés sur leurs cannes, avaient le pas tremblant. De jeunes hommes, à peine entrés dans l’âge adulte, avaient les yeux emplis d’angoisse. Tous, comme un flot incessant de personnes quittant leur vie sans s’en rendre compte.
Alors que la foule approchait des abords de la ville, des groupes de soldats allemands, accompagnés de collaborateurs locaux, mirent en place un dispositif de contrôle stricte. Les gens étaient bousculés, insultés et battus s’ils ralentissaient ou regardaient autour d’eux. Leurs bagages étaient jetés à terre, fouillés et confisqués. La route vers Babi Yar n’était pas une route, mais une chute libre dans un abîme de brutalité. Et puis lorsque la forêt clairsemée apparut au bout de la route, ce n’était plus Kyiv, mais la porte de la mort.
Il n’y avait ni wagons de train, ni de villages de relogement. Seulement un profond ravi et des rangées de soldats qui attendaient, immobiles. A ce moment décisif, les juifs furent contraints de se déshabiller, de s’aligner et de marcher par petits groupes. Personne n’en doutait. La panique éclata en cris, en hurlements et en faibles supplications, tous réduits au silence par un ordre glaçant.
Au bord du précipice, ils furent abattus par groupes, sans cérémonie, sans identification. Seul le bruit des coups de feu résonnant contre les falaises et les corps tombant les uns après les autres dans le ravin en nombre, toujours croissant.
Les documents nazis font état de 33 771 victimes, hommes femmes enfants en seulement deux jours, les 29 et 30 septembre 1941. Mais d’après des recherches, on pense que le nombre réel est beaucoup plus élevé, car Babi Yar ne s’est pas arrêtée après ces deux journées horribles. Ça a continué de dévorer la vie des Roms, des prisonniers de guerre soviétiques, des malades mentaux, des dissidents et de tous ceux jugés « incompatibles » avec les idéaux du régime nazi. De petits ravins se formaient tout autour, tels des plaies inguérissables.
On peut se tenir au bord du ravin de Babi Yar, fermer les yeux et imaginer les bruits de ce jour-là. Non pas pour nous tourmenter, mais pour nous rappeler que le silence de l’histoire est parfois plus terrifiant que le bruit des coups de feu. Car après la guerre, un paradoxe s’est produit : « L’incident » comme on l’a appelé, de Babi Yar a été délibérément minimisé. Pourquoi ? Les autorités soviétiques parlèrent de la mort de « citoyens soviétiques », une expression vague qui niait totalement le caractère génocidaire du massacre. Elles construisirent des structures au-dessus de la vallée, la comblant comme pour effacer toute trace d’histoire. Les cris enfouis sous terre furent à présent étouffés une seconde fois par le silence politique. Pourquoi ?
C’est à ce moment précis que les écrivains, les poètes et les chercheurs comprennent que s’ils ne racontent pas cette histoire, la mort tombera une fois de plus sur Babi Yar.
Ne pas oublier qu’il y a eu d’autres « Babi Yar » dans l’histoire des nazis. Ils ont creusé d’autres ravins pour y assassiner de façon barbare, des enfants, des femmes et des hommes, tous nus pour les déshumaniser et abattus de rafales de mitraillettes lâchement dans le dos.
En parler pour ne jamais oublier.
Le contraste est saisissant.
D’un côté, Mark Carney qui livre hier, à mon avis, le meilleur discours de sa vie : structuré, lucide, ancré dans le réel, intellectuellement exigeant. Un discours ovationné et salué dans le monde entier.
Un discours qui parle de responsabilité, d’honnêteté, de la fin des fictions rassurantes et de la nécessité de regarder le monde tel qu’il est pour pouvoir agir avec cohérence.
De l’autre, Donald Trump, à la Maison-Blanche, qui livre un discours de deux interminables heures , assurément le pire de sa carrière et que je croyais impossible à surpasser, mais qu'il m'a prouvé aujourd'hui que j'avais tort car avec lui, il n’y a qu’une constante : il n’y a aucune limite à sa capacité de nous sidérer toujours plus que la fois d'avant.
Hier, on a eu droit à un discours décousu. Confus. Fondé sur la peur et l’exagération.
Pendant de longues minutes, il feuillette des fiches de supposés « immigrants illégaux », tous présentés comme des meurtriers et des criminels, des milliers, prétendument originaires du Minnesota, sans nuance, sans contexte, sans faits vérifiables.
Il tente ensuite de justifier la mort de Renée Good, un cas pourtant extrêmement sensible et controversé, comme si cela pouvait être expliqué, voire excusé, par la rhétorique qu’il construit.
Puis il affirme que l’inflation aurait chuté drastiquement grâce à lui. Ce qui est factuellement faux. Le décalage est vertigineux.
Et aujourd’hui, à Davos, il a livré un discours centré sur sa petite personne, oscillant entre menaces et digressions hors propos sur des enjeux internes du quotidien des Américains, afin de défendre l’extorsion qu’il a opérée sur l’ensemble des pays du monde.
Il a aussi passé une grande partie de son discours à humilier des dirigeants et des pays, pour ensuite ramener le sujet sur le Groenland, qu'il prétend n'être "qu'un morceau de glace", que nous devrions, selon lui, lui céder en compensation du fait que les États-Unis auraient été le pays ayant le plus contribué à l’OTAN, allant jusqu’à proclamer que tous les pays existent grâce aux États-Unis.
Cela me rappelle le discours excessivement présomptueux et profondément faux que certains médecins me criaient durant la crise de la Loi 2 :
« Sans moi, tu serais morte ! »
alors que je ne les connais même pas.
« Nous sommes L'ÉLITE de la société ! »
« Comment osez vous vous comparez à nous , vous n'êtes rien !? »
« Si nous n’avions pas sacrifié notre jeunesse, vous n’existeriez pas, vous seriez TOUS morts ! »
alors que nous sommes nombreux, comme moi, à ne pas avoir eu accès à un médecin depuis plus de 14 ans, par leur choix.
Même structure.
Même logique de domination.
Même prise d’otage morale.
Il a terminé son discours en se proclamant faire partie des 50 plus grands génies du monde, des génies qui surpasseraient tous ceux ayant existé, et qu’il faudrait choyer, car ils seraient très peu nombreux et que ce serait grâce à eux que le monde pourrait prospérer comme jamais dans l’histoire de l’humanité.
Et c’est là que le contraste avec le discours de Carney devient presque pédagogique.
Carney parle de limites.
Trump nie toute limite.
Carney appelle à la lucidité.
Trump construit une fiction où tout lui est attribuable.
Carney parle de responsabilité partagée.
Trump parle de dette unilatérale.
Ce que Trump a livré aujourd’hui à Davos, ce n’est pas un discours de leadership.
C’est un discours de domination.
Et dans un monde déjà instable, fragmenté, traversé par des crises bien réelles, ce type de rhétorique n’est pas seulement indécente.
Elle est dangereuse.
Cette révolution sera-t- elle la bonne ? À l’étranger, on tord le nez, on se pose la question. À l’intérieur, ceux qui ont faim et soif de liberté n’ont pas ce luxe. Ils descendent dans la rue au prix de leur vie, pour scander, chanter et danser, défier les bassidjis et le Guide suprême. À l’image de cette nouvelle icône ayant allumé sa cigarette avec son portrait en flammes. Ils sont si nombreux à avoir eu ce cran. Tant de femmes et d’hommes se sont levés depuis le « mouvement vert » en 2009. Elles ont arraché leurs voiles, ces drapeaux de la République islamique. Il est tombé dans la rue, et parfois il tombe des ambassades, ce drapeau, pour être remplacé par celui de l’Iran d’avant, avec un lion royaliste.
N’en déplaise aux commentateurs de salon, qui aimeraient que l’on passe aisément d’une dictature fanatique à une démocratie parfaite, il faut une figure forte et un symbole puissant pour espérer cette transition... Et aujourd’hui, vu l’éclatement de l’opposition (entretenu par le régime et la paranoïa née de la dictature), ce symbole semble être Reza Pahlavi, fils du chah renversé par les mollahs. Cet homme qui a vécu aux États-Unis a démontré qu’il pouvait lever des foules en Iran. Il dit souhaiter une république laïque, peut-être une monarchie parlementaire, comme en Grande-Bretagne. Ne soyons pas naïfs : nous sommes en Iran. Cette transition, si elle advient, se fera dans le chaos et le sang. Mais au moins elle se fera. Et c’est tout ce qui compte.
Quatre facteurs semblent réunis : une inflation hors de contrôle qui unit le bazar et les étudiants, une figure d’opposition, un régime affaibli et une administration américaine prête à aider. Il ne s’agit pas d’imposer la démocratie d’en haut, comme en Irak, mais de permettre à un peuple mûr et déterminé de renverser ses bourreaux. Cela change tout. Mais bien sûr, cela n’a rien d’évident.
On ne sort pas d’une telle tyrannie sans effusions. Mais l’essentiel est d’en sortir. Et l’on devrait tous le souhaiter, pas seulement pour les Iraniennes et les Iraniens que nous admirons, mais pour nous également. Tant ce régime nourrit des serpents toxiques en Occident : des proxys islamistes aux réseaux de drogue en passant par quelques propagandistes stipendiés qui importent les éléments de langage de l’islamisme et de nos ennemis.
On pense à l’agent d’influence du régime Shahin Hazamy, arrêté depuis, et à son rôle néfaste auprès de notre jeunesse. On connaît ses connexions avec des députés LFI (documentées par Franc-Tireur). Un jour, ce régime mortifère tombera, et ce jour-là nous aurons les noms de tous ceux qu’il a payés pour noyauter des partis ou notre débat public. En attendant, les responsables de médias doivent réfléchir avant de donner la parole à n’importe qui. Entre les avocates d’origine iranienne qui sont surtout militantes insoumises et les journalistes qui ont toujours de la famille en Iran (donc à portée de main du régime), chacun peut avoir des raisons de se dire prudent et « réaliste ». C’est-à-dire récalcitrant au changement. Ici, nous le disons très clairement : nous rêvons de ce renversement. Femme, Vie, Liberté.
Caroline Fourest