Ces 30 dernières années, l'antisémitisme rampait. Il se dissimulait, il se déguisait. Il prenait des détours, il murmurait au lieu de crier. Trop lâche pour se dire tel quel, il se cacahait derrière la critique d'Israël, l'humour douteux, le prétexte social ou la cause importée.
il avançait masqué, dans les écoles, les dîners de famille, les évènements culturels (César, Festival de Cannes), les plâteaux télé, en dénonçant "le lobby", les "sionistes", "les communautaristes", mais les mêmes étaient toujours visés.
Il était feutré, mais violent. Faux, mais venimeux. Présent partout, mais jamais reconnu. des noms résonnent encore comme des alertes que la société n'a pas entendues:
" Ce sont des cas isolés" - " Ce n'est pas ça la France" - Pas de récupération" - " Pas d'amalgame"
Les responsables politiques condamnaient, allumaient une bougie, posaient une gerbe, prononçaient un discours convenu et passaient à autre chose.
Jamais de remise en question! Jamais de lien assumé! Jamais de courage. Mais pendant ce temps-là, les juifs enterraient leurs morts, rentraient leurs "mezzouzots", désinscrivaient leurs enfants des écoles publiques, déménageaient et quittaient la France en faisant leur "Alyah". Ce que Sarah Halimi elle, n'a pas pu faire. Elle est restée chez elle et elle en est morte, assassinée attrocement.
Mais les signaux étaient là. Et VOUS avez fermé les yeux. Aujourd'hui il ne se cache plus, il s'exhibe et il s'assume.
Une fillette juive de 12 ans violée, des rabbins frappés et humiliés en pleine rue, des vieillards agressés à la sortie des synagogues, des enfants insultés à la sortie des écoles, des crachats, des menaces de mort, des appels au meutre régulier sur les réseaux et des artistes boycottés, comme le chanteur Amir, chantre de l'amour et de la paix, déprogrammé ou violemment attaqué dans plusieurs festivals, simplement parce qu'il est juif, parce qu'il refuse d'avoir honte d'exister. Aux Francolfolies de Spa comme à Gardan'Party, des artistes ont annulé leur venue, refusant de "partager la scène avec un juif". Le message est clair: "un juif doit s'excuser d'être juif".
Porter le keffieh et le drapeau palestinien est devenu une mode ramenée au premier plan par l'extrême gauche. Un uniforme de rage et de posture, adopté sans consciene ni mémoire. Dans les rues de France, chaque samedi, ils défilent.
Des cortèges pro-palestiniens, chaque semaine plus massifs, plus enragés, plus menaçants, des foules chauffées à blanc, prêtes à s'en prendre à tout ce qui porte une kippa ou une étoile. La haine s'affiche, s'assume, se banalise.
L'antisémitisme est aujourd'hui décomplexé, brutal et public et surtout maintenant, revendiqué. Mais ils peuvent hurler leur haine dans les rues, masqués d'idéologie et drapés de morale inversée, portant le keffieh comme un étendard de revanche teinté d'un aveuglement idéologique et surtout d'un manque de culture abyssal, agitant le drapeau palestinien comme un permis de haine. Ils croient marcher pour une cause, mais ils avancent contre un peuple. Ils peuvent boycotter les artistes, effacer les visages des murs, chasser les voix sur les scènes, des journaux, des festivals, les juifs, resteront là, comme toujours, comme depuis toujours.
Ils peuvent frapper des enfants, insulter des lycéens, se ruer sur un vieillard, cogner un rabbin, taguer des murs, brûler le drapeau, ils ne plieront pas et partout, ils n'ont pas peur.
Parce qu'ils sont la mémoire qu'ils voudraient effacer la voix que les antisémites ne pourront jamais faire tarire. La dignité qu'aucune menace ne saura enterrer. Parce qu'ils ont enterré des enfants. Parcequ'ils ont été traqués, mais ils ont transmis. Parce qu'ils ont été dispersés, mais ils ont bâti.
Ils sont là, irréductibles, indéracinables, debout envers et contre tout. Debout malgré les exils, les pogroms, les ghettos, la Shoah, les guerres et les massacres. Debout parce que leurs racines plongent plus profondemment que la haine. Debout, parce qu'ils ont fait le choix, celui de la vie.