Sous Staline, quelques adolescents ont écrit de bouleversants journaux intimes. Voici ce qu'ils disent
Le contenu de vingt-cinq journaux intimes d’adolescents rédigés entre 1930 et 1941 ont été publiés dans une étude particulièrement novatrice. Ces témoignages saisissants révèlent leurs angoisses et les préoccupations : la famine, la violence, l’amour et, bien sûr, la guerre.
"Les tests et examens ne devraient pas définir la vie, non?!... Mais qu’est-ce que la vraie vie? Prenons mes parents : ils vivent et travaillent à la sueur de leur front. Peut-être est-ce cela, "la vie"? Si c’est le cas, Dieu nous en garde. Peut-être que la "vraie" vie, c’est l’armée, la guerre, le front?". Cette réflexion terriblement déprimante n’est pas celle d’un personnage de Fiodor Dostoïevski ou d’Anton Tchekhov mais elle aurait pu. Et pour cause, c’est celle de Sergueï Argirovski, un jeune soviétique de 19 ans en janvier 1941.
Des témoignages historiques rares
Comme ceux de vingt-quatre de ses homologues, le journal de cet adolescent a été publié dans une étude menée par Ekaterina Zadirko, chercheuse en études slaves au Trinity College de l’Université de Cambridge. Relayé par le site Phys.org, ce document a d’original que rares sont les historiens à s'être préoccupés de ce qui traversait l’esprit de la jeunesse de l’URSS de Staline. Ils leur ont souvent préféré une étude plus traditionnelle des faits, basée sur des documents officiels et des témoignages de personnages de premier plan, ou simplement ceux d’adultes.
"Les chercheurs ont tendance à écarter ce qui se trouve dans ces journaux comme de simples préoccupations adolescentes" explique Ekaterina Zadirko. Et d’ajouter : "Mais dans la Russie des années 1930, l’écriture était une méthode centrale pour passer de l’adolescence à l'âge adulte et trouver sa place dans la société. Même si leur journal restait un document privé, écrire avait pour ces jeunes une importance capitale, presque existentielle."
La faim, toujours la faim
Sans surprise, l’un des thèmes récurrent de ces textes est la famine qu’ont connue les Soviétiques les plus pauvres, à commencer par les paysans qui produisaient pourtant la nourriture. "Notre père a été envoyé en Sibérie… nous étions affamés. Nous avons commencé à aller dans les champs et à y attirer les spermophiles [de petits rongeurs aussi appelés écureuils terrestres, ndlr] pour les manger", écrit ainsi Ivan Khripunov, 18 ans, en septembre 1941.
Ce texte est profondément politique puisqu’il raconte ensuite que la condamnation de son père n’est pas un hasard. "La famine n’a pas éclaté à cause d’une mauvaise récolte mais parce que toutes les récoltes ont été réquisitionnées. [...] Pour n’avoir pas cédé le grain qu’on nous avait pris, notre père a été envoyé en Sibérie… Sans pain… et sans notre père, nous étions affamés… nous ramassions les épis (il était interdit de le faire, et plusieurs fois, les surveillants ont pris les épis et nos sacs) ; nous rapportions les balles et faisions des galettes avec."
Les dangers de l’écriture et de l’amour
Bien qu’ils s’inscrivent dans la tradition des grands diaristes russes, certains de ces textes auraient pu valoir le goulag à leurs auteurs. "Je ne pense pas qu’Ivan se rendait compte qu’il faisait quelque chose de potentiellement dangereux", explique encore la chercheuse, "En imitant Gorki, Ivan suivait des conventions littéraires établies, mais ce faisant, il transgressait les règles de l’autobiographie publique stalinienne en abordant des sujets tabous. Ce n’était pas une expression consciente de dissidence politique, mais un conflit entre modèles culturels."
Autre sujet récurrent dans les écrits de ces jeunes hommes : l’amour. Et là encore, ils font face à un conflit de taille, entre les émotions qu’ils ressentent naturellement et le modèle extrêmement strict que leur enseignent les institutions soviétiques. "On incitait les jeunes à ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage, à d’abord établir une amitié et à choisir un partenaire qui serait un camarade, quelqu’un qui vous rendrait meilleur", raconte Ekaterina Zadirko à ce sujet.
Le plus révélateur de ces textes est à nouveau à attribuer à Ivan Khripunov : "À l’étranger, l’amour est le but principal de la vie… Pour nous, l’amour est une préoccupation secondaire. Le plus important, c’est le travail collectif. Nous disons rarement le mot 'amour.' … Je suis tombé amoureux d’une fille, mais elle ne m’aimait pas… Dans mes pensées, je voulais seulement la regarder et ne pas souiller mon être tendre avec des rêves de rapports sexuels."
La guerre et la mort
Enfin, il y a la guerre, qui se ressent dans les textes comme dans leur absence. En effet, plusieurs des journaux s’arrêtent lorsque leurs auteurs sont appelés à rejoindre l’Armée rouge et à partir au front. "Une nouvelle vie commence. C’est pourquoi j’ai écrit mon autobiographie… La guerre fait de tout le monde des adultes. Je pensais être un garçon, mais maintenant, je suis enrôlé comme un adulte", analyse Ivan un an avant de disparaître au front sans que la date exacte de sa mort ne soit connue.
"Il ne faut pas trop exotiser les vies soviétiques", commente simplement Ekaterina Zadirko à ce propos. Elle conclut : "L’idéologie soviétique a façonné les gens, mais ils n’étaient pas complètement embrigadés. Il n’y avait pas simplement ceux qui y croyaient d’un côté et des dissidents de l’autre. [...] Les journaux montrent que les Soviétiques, y compris les adolescents, étaient tout cela à la fois, essayant d’assembler leur identité et de comprendre le monde avec ce qu’on leur avait donné."
Delphine Horvilleur est une rabbin en la ville de Paris. Et un 24 septembre 2023, si près du 7 octobre, elle fit un sermon qu'elle ne voulait pourtant pas faire mais on fêtait yom kippour, le jour du grand pardon et c'était surtout les 50 ans de la guerre du même nom...
ça sera donc un lien car le discours n'est pas autorisé au copier/coller.. il est intéressant de cliquer sur ce lien afin d'y voir ce sermon. Moi qui suis athée, il m'a tout de même fortement intéressé. C'est sans doute ce que l'on appelle aussi, l'ouverture d'esprit.
Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant « pardon ». Pas simplement parce que c’est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais énoncer en une seule phrase : « J’ai essayé, vraiment essayé de ne pasécrire le sermon que vous vous apprêtez à entendre. Mais je n’y suis pas arrivée. »
Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant « pardon ». Pas simplement parce que c’est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais énoncer en une seule phrase : « J’ai essayé, vraiment essayé de ne pasécrire le sermon que vous vous apprêtez à entendre. Mais je n’y suis pas arrivée. »
Je me suis dit, encore et encore, que ce n’était pas une bonne idée, que je ferais mieux de parler d’autre chose, qu’on risquait de se fâcher…
Et puis, en l’écrivant, j’ai beaucoup pensé à ce dessin de presse si célèbre, publié au moment de l’affaire Dreyfus. Vous connaissez forcément cette image : on y voit une table bien dressée et un dîner serein, mondain et civilisé. Sous le dessin, il est écrit : « Surtout ! ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! » Et sur l’image suivante, la table est renversée, la vaisselle est cassée et les convives sont en train de s’étrangler. La légende précise simplement quatre mots, au cas où vous ne l’auriez pas compris : « … Ils en ont parlé… ».
Et moi ce soir, j’entends une voix en moi qui me dit : n’en parlons pas…
Et une autre qui lui répond : si, tu n’as pas le choix.
Et qui dit : pense à la date à laquelle nous sommes, et souviens‐toi !
Chers amis, ce soir, jour solennel de Yom Kippour dans lequel nous entrons, nous sommes précisément à une date anniversaire, connue de tous. Il y a 50 ans, jour pour jour, à l’office de Kol Nidré 1973, allait débuter dans quelques heures la terrible guerre qui porterait pour toujours le nom de cette journée solennelle : la guerre de Kippour.
Et je le sais, certains dans cette salle savent exactement où ils étaient ce jour‐là, qui leur a annoncé la nouvelle, de quelle manière, au cœur même des offices, on a allumé des transistors, cherché à comprendre d’où venait l’attaque, prié avec inquiétude et pleuré aussi. En se demandant pourquoi Israël s’était fait surprendre ou ne s’était peut‐être pas préparé. Des milliers de soldats allaient mourir. De nombreux Israéliens furent bombardés par l’armée égyptienne dans le désert du Sinaï. Cinquante ans plus tard, la douleur est encore vive pour bien des familles qui ont perdu leurs enfants.
Vous me voyez venir, avec mes gros sabots (ou, devrais‐je dire, ma grosse artillerie) : ces derniers jours, en réfléchissant à l’écriture de ce sermon, il m’a semblé que je n’avais pas le choix et que ce soir, je devais vous parler d’Israël… vous parler de cette douleur que beaucoup d’entre nous ressentent aujourd’hui face à la crise terrible que ce pays traverse, la polarisation extrême qui a porté au pouvoir un gouvernement et des ministres d’extrême-droite, un messianisme ultra‐nationaliste et, face à cela, pour la 38e semaines d’affilée, des centaines de milliers de personne dans la rue pour dire leur inquiétude (et c’est un euphémisme) pour la démocratie, leur inquiétude face à la montée du fanatisme religieuse, de la violence politique, la menace pour le droit des femmes, la montée du fondamentalisme qui fait soudain exiger qu’elles se couvrent dans la rue ou s’s’assoient au fond du bus, qui pousse d’autres à tolérer ou à couvrir la violence de jeunes Juifs contre des villages arabes, des attaques contre des minorités. Et la montée de discours de suprématie ou de violences contre la diversité religieuse, contre des sensibilités juives non‐orthodoxes. Et la remise en question des institutions judiciaires dans leur rôle de contre‐pouvoir, la multiplication d’arguments populistes ou de revendications ultra‐orthodoxes.
Bien sûr, nous sommes nombreux à regarder cela avec angoisse, mais aussi avec la force de tout notre attachement et de notre amour pour ce pays et, pour beaucoup d’entre nous, avec la conviction de notre sionisme qui, soudain, peine à se retrouver dans le discours de ceux qui revendiquent ce même amour d’Israël ou du sionisme pour un projet aux antipodes de nos aspirations.
Je sais par cœur et je connais toutes les résistances et les mises en garde, exprimées par les uns et les autres contre ceux qui expriment depuis la diaspora leur critique du gouvernement israélien.
Il y a ceux qui disent : « Ce n’est pas notre rôle. Nous qui ne vivons pas là‐bas, ne votons pas ni ne servons dans l’armée ».
Ceux qui disent : « Lavons notre linge sale en famille. N’exposons pas au monde des failles qui vulnérabiliseraient Israël face à des ennemis ou des gens mal intentionnés qui cherchent en toute circonstance à le détruire ».
Il y a ceux qui disent : « Ne soyons pas naïfs. N’oublions pas quel discours antisionistes et antisémites peuvent tenir tant de leaders qui n’en ‘louperont’ pas une pour multiplier les ignominies ». Cette semaine, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas tenait des propos clairement antisémites, (je salue d’ailleurs la Maire de Paris qui lui a immédiatement signifié son retrait de la médaille de la ville). Et puis, pas plus tard qu’il y a trois jours, le président tunisien déclarait – accrochez‐vous bien – que les catastrophes climatiques qui frappent l’Afrique du Nord sont sûrement une attaque sioniste. La preuve irréfutable étant que l’ouragan Daniel porte un nom… juif. Je sais, c’est tellement grotesque qu’on aurait presque envie de rire.
Et puis il y a ceux, enfin, qui disent : « Yom Kippour n’est pas le jour pour faire un discours politique. C’est un jour d’unité, de consensus. À quoi bon marquer les tensions entre nous ou les rappeler à notre conscience ? ».
Pourtant, chers amis, et bien que connaissant tous ces arguments, je me tiens devant vous en cet instant solennel, convaincue que, plus que jamais et peut‐être particulièrement ce soir, il nous faut en parler.
Plus que jamais et particulièrement ce soir, Israël a besoin des voix de la diaspora, de toutes ses voix, y compris les plus critiques. Celles qui parlent avec la force de leur amour et la conviction solide de leur attachement à ce pays. Celles qui disent le malaise et la douleur qui se sont emparés de beaucoup d’entre nous.
Il y a cinquante ans tout juste, Israël encore grisé par les succès miraculeux de la guerre des Six jours, les territoires conquis et la force de son armée, ne s’attendait pas à se percevoir vulnérable, à se trouver désemparé.
À la frontière égyptienne, les combats faisaient rage et, soudain, un homme inattendu a surgi. Il était venu rendre visite aux troupes. Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de cette visite, mais vous connaissez forcément cet individu. Il s’appelait Leonard Cohen. Le célèbre chanteur Leonard Cohen a accompagné sur le terrain les troupes israéliennes. Et c’est là que l’homme qui écrira près de 10 ans plus tard son célébrissime Hallelujah, a composé un autre air que vous connaissez sans doute.
Cette chanson qu’il a écrite pendant la guerre de Kippour, s’appelle Who By Fire?
Elle dit en substance : Who by fire? qui périra par le feu, et qui périra par l’eau, qui mourra en plein jour et qui une fois la nuit tombée, qui mourra de faim et qui de soif, et la chanson lancinante dit encore et encore. Who shall I say is calling ? ce qui signifie en anglais (canadien) « qui dois‐je annoncer ? »
Mais ces paroles, beaucoup d’entre vous les connaissent même s’ils n’ont jamais entendu cette chanson de Leonard Cohen. Ils les connaissent s’ils sont déjà venus ici, à Kippour, dans cette synagogue ou dans une autre.
Car ces mots, à peine retouchés, sont tirés du livre que vous tenez entre les mains. Nous les chanterons demain matin, au cœur de l’office de Moussaf. Je vous invite à ouvrir vos livres un instant page 410 pour les apercevoir.
Dans la prière solennelle du Ounetane Tokef, il est écrit :
« À Rosh haShana, l’arrêt est prononcé et à Yom Kippour, il est scellé ». Et la liturgie hébraïque poursuit ainsi : Mi yihie ou miyamout, comme dans la chanson de Cohen, « qui va vivre et qui va mourir ? »; Mi bamayim ou mibaesh etc. etc. « qui par le feu ? et qui par l’eau ? qui en son temps et qui bien avant l’heure prévue ? etc. »
Vous le comprenez maintenant : pendant la guerre de Kippour, Leonard Cohen assiste aux combats terribles sur les champs de bataille. Il va alors aller puiser dans la liturgie de Kippour pour écrire l’une des plus belles chansons de son répertoire, une réflexion sur la vulnérabilité, sur la mortalité et la finitude de notre condition humaine.
Et aucune fête du calendrier juif ne raconte mieux que celle dans laquelle nous entrons ce soir, cette conscience. Nous allons le dire encore et encore dans les prières : nos nous tenons face à Dieu ani mimaass, « sans réelle bonnes actions, et sans pouvoir ». Afar veefer, « poussière et cendre » et conscients de notre impuissance.
Quel rapport tout cela a‑t‐il avec la question d’Israël, la crise qu’il traverse et le mal‐être que beaucoup d’entre nous perçoivent aujourd’hui ? Laissez‐moi lentement y venir.
Et, pour cela, faire un petit détour par le calendrier juif. Yom Kippour tombe toujours au mois de Tishri, à la même saison de l’année, évidemment et systématiquement au moment où, dans le rouleau de la Torah, nous lisons les mêmes extraits. Pour le dire autrement, tout au long de l’année, nous lisons la parasha de la semaine, dans la Torah, épisode après épisode, livre après livre du Pentateuque. Mais, quand surgit Kippour, le temps du jugement et de l’introspection, nous sommes toujours, année après année, en train de lire le même passage dans la Torah.
Nous entrons dans les « jours redoutables » pendant la lecture à la synagogue du livre du Deutéronome, dernier livre du pentateuque, qu’on appelle parfois le « testament de Moïse ».
Bref, si vous êtes venus à la synagogue ces dernières semaines (peu importe quel shabbat), vous avez entendu la lecture du livre du Deutéronome. Et nos sages nous disent : assure‐toi de faire dialoguer le message du Deutéronome avec les jours redoutables.
Que dit donc ce livre ? C’est un message que Moïse adresse aux Hébreux, au peuple réuni au seuil de la terre promise ou ils s’apprêtent à entrer. Moïse sait, à cet instant du récit, que lui n’entrera pas en Israël : il est un homme de la Diaspora, il est né en Égypte et il mourra dans le désert. Il ne posera jamais le pied en terre promise. Mais il adresse dans ce livre des recommandations, des mises en garde, depuis la Diaspora aux hommes et aux femmes qui s’apprêtent à s’y installer.
Bien sûr ces hommes et ces femmes devront être forts et combattre, et lutter et mener des guerres pour s’installer, mais ce n’est pas le message que Moïse leur délivre. À la place, il va, encore et encore, insister sur trois idées, ce qu’on pourrait appeler « la leçon du Deutéronome ».
Moïse dit aux Hébreux : Viendra un jour où vous serez tranquillement installés sur cette terre. Viendra un jour où vous aurez une souveraineté sur ce territoire et, à ce moment-là, plusieurs choses vont vous arriver.
D’abord, dit Moïse, quand vous serez propriétaires terriens, vous devrez absolument récolter les premiers fruits de vos champs et, immédiatement, les apporter au Grand prêtre, les lui donner et vous en déposséder. Et vous devrez alors dire : mon ancêtre était un migrant, arami oved avi.
Étrange phrase de sédentaire, n’est-ce pas ? étrange façon de célébrer sa récolte que de s’en débarrasser.
Mais ce n’est pas tout.
Deuxième message du livre du Deutéronome : Moïse dit aux Hébreux Viendra un jour où vous serez installés sur cette terre. Et vous aurez soudain envie de placer à votre tête un roi, un chef, un leader, exactement comme le font les autres nations. Assurez-vous alors, poursuit Moïse, que ce roi ne soit pas trop arrogant. Assurez-vous qu’il n’ait en sa possession ni trop d’argent ni trop de femmes ni trop de chevaux.
Traduction de cette allégorie : assurez‐vous, dit Moïse, que votre chef ne soit pas trop obsédé par son pouvoir, financier ou militaire (représenté ici par les chevaux) ou par le pouvoir politique (symbolisé par les femmes, c’est-à-dire les alliances contractées avec d’autres territoires)
Et puis, troisième mise en garde du livre du Deutéronome, et celle‐là ne cesse d’être répétée : Moïse dit aux Hébreux Il arrivera qu’installés sur votre terre, vous deveniez idolâtres, et que vous rendiez un culte à d’autres divinités locales. Ces divinités cananéennes, dans le livre du Deutéronome, portent un nom particulier. On les appelle les Bealim. Le culte de Baal est le service d’un dieu cananéen. Oui mais voilà, ce mot, en hébreu, signifie autre chose : Baal signifie « propriétaire ». Le culte de baal, en hébreu, est donc littéralement le culte de la possession, de la propriété.
Je m’arrête là un instant pour m’assurer que vous entendiez résonner les mots, qui ne sont pas les miens, mais ceux du livre que nous lisons actuellement dans toutes les synagogues, ces mots qui doivent être lus chaque année, avant d’entrer dans Kippour. Le peuple aux portes de la terre promise et nous, aux portes des jours redoutables, nous devons entendre les mêmes choses :
- Toute souveraineté s’accompagne de menaces, tout simplement parce que toute force et toute installation s’accompagne de menaces : la menace de se croire propriétaire, la menace d’idolâtrer la possession, ou la force militaire, ou la puissance financière, ou le culte du chef…
- Et puis, Moïse enseigne, de façon paradoxale et puissante, que la première chose que peut faire un propriétaire sur la terre, est d’être prêt à renoncer à une partie à sa propriété, de donner un peu des fruits de son champ, et de se souvenir de sa migration, c’est-à-dire de sa fragilité et de tout ce que ses ancêtres n’ont pas possédé.
Et tandis que je lis ces textes, semaine après semaine à la synagogue, je ne cesse de penser à ce qui déchire aujourd’hui le peuple d’Israël et ce pays qui nous est si cher. La façon dont, pour certains, il faut le reconnaître, le sionisme est devenu synonyme de pouvoir, de puissance, de propriété, et la façon dont un parti d’extrême droite, aujourd’hui aux commandes de postes‐clé, s’est donné un nom étrange : le parti d’Itamar Ben Gvir s’appelle Otzma Yehudit, « la puissance juive ». Mais de quelle puissance est‐il question ? où nous mènera‐t‐elle exactement dans l’Histoire ?
Et voilà comment des leaders politiques affirment aujourd’hui représenter les valeurs juives, défendre un État juif, quitte à ce qu’il ne soit pas démocratique, en habillant leur judaïsme de noms ou de discours qu’on pourrait aisément qualifier de problématiques pour une certaine sagesse juive biblique ou rabbinique. Une sagesse de la vulnérabilité et une conscience d’un dialogue nécessaire, en nous, entre puissance et impuissance.
Et je sais ce que certains pensent ici, ou diront sans doute : Israël est menacé, et n’a peut‐être pas le luxe d’être impuissant, faillible et vulnérable. Il se doit d’être fort et engagé dans une combat de survie depuis des décennies… Certes et pourtant, par‐delà cette menace extérieure, il en est une plus terrifiante encore, celle que nous a déjà enseignée l’Histoire.
Car cette situation n’est pas sans précèdent historique. À deux reprises dejà, les Juifs ont connu une souveraineté sur la terre d’Israël et ont dirigé une forme étatique, à savoir un pouvoir politique, une continuité territoriale, une armée, et tout ce qui construit une souveraineté pleine et entière.
Petite leçon d’Histoire.
Il y a près de 3000 ans, fut établie la toute première souveraineté juive en Israël : une continuité territoriale, une armée, un chef on ne peut plus connu. Ce roi s’appelle David et, après avoir vaincu Goliath, il instaure un royaume qui unit les territoires de Judée et d’Israël, et il fait de Jérusalem sa capitale. David règne 33 ans sur Jérusalem, son fils Salomon prend sa suite et assoit son pouvoir pendant 40 ans. Le royaume est puissant. Le fils de Salomon, un certain Rehovoam prendra la suite du leadership – c’est la troisième génération à connaître le pouvoir et l’installation. Sous son règne, les tribus d’Israël se déchirent, le peuple s’affronte… Et voilà qu’en l’espace de deux ans, deux ans seulement les royaumes de Juda et d’Israël deviennent ennemis et se séparent l’un de l’autre. Fin de la première souveraineté juive sur le territoire complet. Se sont écoulés seulement 75 ans.
Mille ans plus tard environ, s’érige une deuxième souveraineté juive : les rois Hasmonéens règnent sur le pays, les héritiers des Maccabim et de l’histoire de Hanouka. Cette monarchie fondée en ‑140 de notre ère installa une pleine souveraineté, riche et puissante. Elle durera jusqu’en ‑63 lorsque, après des combats internes de la population juive, Pompée et les Romains prennent le pouvoir sur Jérusalem. Fin de la souveraineté ; 77 ans se sont écoulés.
Et il faudra attendre 1948 pour qu’une troisième souveraineté voit le jour, celle de l’État d’Israël que nous connaissons.
Mais écoutez résonner ces chiffres terrifiants : la première souveraineté a duré 75 ans, et la deuxième aussi, à 2 ans près.
Et voilà que la troisième est rongée aujourd’hui par les mêmes affrontements, de mêmes fanatismes qui surgissent, des visions du monde, du judaïsme et du sionisme qui ne parviennent à se réconcilier. Et voilà qu’Israël a 75 ans, l’âge où toutes les souverainetés précédentes se sont effondrées. Existe‐t‐il une malédiction ? Sommes‐nous tragiquement condamnés à répéter un scénario catastrophique ?
Pouvons‐nous trouver enfin comment ne pas séparer Juda et Israël, comment ne pas voir s’effondrer une maison qui nous est si chère ?
Pardon. Je voulais tant ne pas écrire le sermon que je viens de prononcer. Mais je n’y suis pas arrivée. Je crois qu’un défi nous est posé à tous aujourd’hui. À ceux, bien sûr, qui vivent là‐bas et qui doivent trouver comment vivre ensemble, mais aussi à nous qui vivons loin de là, qui avons l’avenir d’Israël à cœur, et qui avons le devoir, me semble‐t‐il de faire résonner la voix du Deutéronome, celle de Moïse qui, depuis la Diaspora, s’adresse à un peuple en chemin vers l’installation.
Et peut‐être lui dire, hors de l’Etat d’Israël : Il arrivera qu’une fois installé sur ta terre, tu te croies fort mais que, soudain, tu perçoives tes brisures… il arrivera que résonnent des voix apparemment irréconciliables, des tribus qui se détestent et aspirent à se séparer, et tu devras alors, plus que tout, chérir non pas la force mais la faille, non pas chercher l’unité, mais respecter les voix dissonantes qui résonnent en ton sein et qui pourront encore trouver un chemin de dialogue.
C’est ce même enseignement qu’à sa manière, un homme nommé Leonard Cohen, qui n’était pas combattant de l’armée israélienne, est venue faire résonner aux oreilles de soldats sur un champ de bataille, il y a 50 ans. Soyez conscients de votre force, mais aussi de votre fragilité.
Méfiez‐vous de la puissance quand elle vous mène simplement à vouloir écraser l’autre. Car sinon, qui dois‐je annoncer ? quel terrible avenir pourrait bien s’annoncer ?
Bien plus tard, ce même chanteur écrira un extraordinaire Hallelujah et bien d’autres chansons qui sont, à mon sens, de véritables prières….
Une d’entre elles dit la chose suivante : There is a crack in everything, that’s how the light gets in…, « Il y a une brisure dans chaque chose, mais c’est là que la lumière se faufile ».
Au cœur de l’obscurité de la nuit de Kippour, au cœur de l’obscurité du monde qui nous entoure, assurons‐nous où que nous nous trouvions de laisser un peu de lumière nous traverser, traverser nos doutes et nos convictions.
Puissions‐nous être inscrits dans le Livre de la vie.
Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant « pardon ». Pas simplement parce que c’est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais énoncer en une seule phrase : « J’ai essayé, vraiment essayé de ne pasécrire le sermon que vous vous apprêtez à entendre. Mais je n’y suis pas arrivée. »
Je me suis dit, encore et encore, que ce n’était pas une bonne idée, que je ferais mieux de parler d’autre chose, qu’on risquait de se fâcher…
Et puis, en l’écrivant, j’ai beaucoup pensé à ce dessin de presse si célèbre, publié au moment de l’affaire Dreyfus. Vous connaissez forcément cette image : on y voit une table bien dressée et un dîner serein, mondain et civilisé. Sous le dessin, il est écrit : « Surtout ! ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! » Et sur l’image suivante, la table est renversée, la vaisselle est cassée et les convives sont en train de s’étrangler. La légende précise simplement quatre mots, au cas où vous ne l’auriez pas compris : « … Ils en ont parlé… ».
Et moi ce soir, j’entends une voix en moi qui me dit : n’en parlons pas…
Et une autre qui lui répond : si, tu n’as pas le choix.
Et qui dit : pense à la date à laquelle nous sommes, et souviens‐toi !
Chers amis, ce soir, jour solennel de Yom Kippour dans lequel nous entrons, nous sommes précisément à une date anniversaire, connue de tous. Il y a 50 ans, jour pour jour, à l’office de Kol Nidré 1973, allait débuter dans quelques heures la terrible guerre qui porterait pour toujours le nom de cette journée solennelle : la guerre de Kippour.
Et je le sais, certains dans cette salle savent exactement où ils étaient ce jour‐là, qui leur a annoncé la nouvelle, de quelle manière, au cœur même des offices, on a allumé des transistors, cherché à comprendre d’où venait l’attaque, prié avec inquiétude et pleuré aussi. En se demandant pourquoi Israël s’était fait surprendre ou ne s’était peut‐être pas préparé. Des milliers de soldats allaient mourir. De nombreux Israéliens furent bombardés par l’armée égyptienne dans le désert du Sinaï. Cinquante ans plus tard, la douleur est encore vive pour bien des familles qui ont perdu leurs enfants.
Vous me voyez venir, avec mes gros sabots (ou, devrais‐je dire, ma grosse artillerie) : ces derniers jours, en réfléchissant à l’écriture de ce sermon, il m’a semblé que je n’avais pas le choix et que ce soir, je devais vous parler d’Israël… vous parler de cette douleur que beaucoup d’entre nous ressentent aujourd’hui face à la crise terrible que ce pays traverse, la polarisation extrême qui a porté au pouvoir un gouvernement et des ministres d’extrême-droite, un messianisme ultra‐nationaliste et, face à cela, pour la 38e semaines d’affilée, des centaines de milliers de personne dans la rue pour dire leur inquiétude (et c’est un euphémisme) pour la démocratie, leur inquiétude face à la montée du fanatisme religieuse, de la violence politique, la menace pour le droit des femmes, la montée du fondamentalisme qui fait soudain exiger qu’elles se couvrent dans la rue ou s’s’assoient au fond du bus, qui pousse d’autres à tolérer ou à couvrir la violence de jeunes Juifs contre des villages arabes, des attaques contre des minorités. Et la montée de discours de suprématie ou de violences contre la diversité religieuse, contre des sensibilités juives non‐orthodoxes. Et la remise en question des institutions judiciaires dans leur rôle de contre‐pouvoir, la multiplication d’arguments populistes ou de revendications ultra‐orthodoxes.
Bien sûr, nous sommes nombreux à regarder cela avec angoisse, mais aussi avec la force de tout notre attachement et de notre amour pour ce pays et, pour beaucoup d’entre nous, avec la conviction de notre sionisme qui, soudain, peine à se retrouver dans le discours de ceux qui revendiquent ce même amour d’Israël ou du sionisme pour un projet aux antipodes de nos aspirations.
Je sais par cœur et je connais toutes les résistances et les mises en garde, exprimées par les uns et les autres contre ceux qui expriment depuis la diaspora leur critique du gouvernement israélien.
Il y a ceux qui disent : « Ce n’est pas notre rôle. Nous qui ne vivons pas là‐bas, ne votons pas ni ne servons dans l’armée ».
Ceux qui disent : « Lavons notre linge sale en famille. N’exposons pas au monde des failles qui vulnérabiliseraient Israël face à des ennemis ou des gens mal intentionnés qui cherchent en toute circonstance à le détruire ».
Il y a ceux qui disent : « Ne soyons pas naïfs. N’oublions pas quel discours antisionistes et antisémites peuvent tenir tant de leaders qui n’en ‘louperont’ pas une pour multiplier les ignominies ». Cette semaine, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas tenait des propos clairement antisémites, (je salue d’ailleurs la Maire de Paris qui lui a immédiatement signifié son retrait de la médaille de la ville). Et puis, pas plus tard qu’il y a trois jours, le président tunisien déclarait – accrochez‐vous bien – que les catastrophes climatiques qui frappent l’Afrique du Nord sont sûrement une attaque sioniste. La preuve irréfutable étant que l’ouragan Daniel porte un nom… juif. Je sais, c’est tellement grotesque qu’on aurait presque envie de rire.
Et puis il y a ceux, enfin, qui disent : « Yom Kippour n’est pas le jour pour faire un discours politique. C’est un jour d’unité, de consensus. À quoi bon marquer les tensions entre nous ou les rappeler à notre conscience ? ».
Pourtant, chers amis, et bien que connaissant tous ces arguments, je me tiens devant vous en cet instant solennel, convaincue que, plus que jamais et peut‐être particulièrement ce soir, il nous faut en parler.
Plus que jamais et particulièrement ce soir, Israël a besoin des voix de la diaspora, de toutes ses voix, y compris les plus critiques. Celles qui parlent avec la force de leur amour et la conviction solide de leur attachement à ce pays. Celles qui disent le malaise et la douleur qui se sont emparés de beaucoup d’entre nous.
Il y a cinquante ans tout juste, Israël encore grisé par les succès miraculeux de la guerre des Six jours, les territoires conquis et la force de son armée, ne s’attendait pas à se percevoir vulnérable, à se trouver désemparé.
À la frontière égyptienne, les combats faisaient rage et, soudain, un homme inattendu a surgi. Il était venu rendre visite aux troupes. Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de cette visite, mais vous connaissez forcément cet individu. Il s’appelait Leonard Cohen. Le célèbre chanteur Leonard Cohen a accompagné sur le terrain les troupes israéliennes. Et c’est là que l’homme qui écrira près de 10 ans plus tard son célébrissime Hallelujah, a composé un autre air que vous connaissez sans doute.
Cette chanson qu’il a écrite pendant la guerre de Kippour, s’appelle Who By Fire?
Elle dit en substance : Who by fire? qui périra par le feu, et qui périra par l’eau, qui mourra en plein jour et qui une fois la nuit tombée, qui mourra de faim et qui de soif, et la chanson lancinante dit encore et encore. Who shall I say is calling ? ce qui signifie en anglais (canadien) « qui dois‐je annoncer ? »
Mais ces paroles, beaucoup d’entre vous les connaissent même s’ils n’ont jamais entendu cette chanson de Leonard Cohen. Ils les connaissent s’ils sont déjà venus ici, à Kippour, dans cette synagogue ou dans une autre.
Car ces mots, à peine retouchés, sont tirés du livre que vous tenez entre les mains. Nous les chanterons demain matin, au cœur de l’office de Moussaf. Je vous invite à ouvrir vos livres un instant page 410 pour les apercevoir.
Dans la prière solennelle du Ounetane Tokef, il est écrit :
« À Rosh haShana, l’arrêt est prononcé et à Yom Kippour, il est scellé ». Et la liturgie hébraïque poursuit ainsi : Mi yihie ou miyamout, comme dans la chanson de Cohen, « qui va vivre et qui va mourir ? »; Mi bamayim ou mibaesh etc. etc. « qui par le feu ? et qui par l’eau ? qui en son temps et qui bien avant l’heure prévue ? etc. »
Vous le comprenez maintenant : pendant la guerre de Kippour, Leonard Cohen assiste aux combats terribles sur les champs de bataille. Il va alors aller puiser dans la liturgie de Kippour pour écrire l’une des plus belles chansons de son répertoire, une réflexion sur la vulnérabilité, sur la mortalité et la finitude de notre condition humaine.
Et aucune fête du calendrier juif ne raconte mieux que celle dans laquelle nous entrons ce soir, cette conscience. Nous allons le dire encore et encore dans les prières : nos nous tenons face à Dieu ani mimaass, « sans réelle bonnes actions, et sans pouvoir ». Afar veefer, « poussière et cendre » et conscients de notre impuissance.
Quel rapport tout cela a‑t‐il avec la question d’Israël, la crise qu’il traverse et le mal‐être que beaucoup d’entre nous perçoivent aujourd’hui ? Laissez‐moi lentement y venir.
Et, pour cela, faire un petit détour par le calendrier juif. Yom Kippour tombe toujours au mois de Tishri, à la même saison de l’année, évidemment et systématiquement au moment où, dans le rouleau de la Torah, nous lisons les mêmes extraits. Pour le dire autrement, tout au long de l’année, nous lisons la parasha de la semaine, dans la Torah, épisode après épisode, livre après livre du Pentateuque. Mais, quand surgit Kippour, le temps du jugement et de l’introspection, nous sommes toujours, année après année, en train de lire le même passage dans la Torah.
Nous entrons dans les « jours redoutables » pendant la lecture à la synagogue du livre du Deutéronome, dernier livre du pentateuque, qu’on appelle parfois le « testament de Moïse ».
Bref, si vous êtes venus à la synagogue ces dernières semaines (peu importe quel shabbat), vous avez entendu la lecture du livre du Deutéronome. Et nos sages nous disent : assure‐toi de faire dialoguer le message du Deutéronome avec les jours redoutables.
Que dit donc ce livre ? C’est un message que Moïse adresse aux Hébreux, au peuple réuni au seuil de la terre promise ou ils s’apprêtent à entrer. Moïse sait, à cet instant du récit, que lui n’entrera pas en Israël : il est un homme de la Diaspora, il est né en Égypte et il mourra dans le désert. Il ne posera jamais le pied en terre promise. Mais il adresse dans ce livre des recommandations, des mises en garde, depuis la Diaspora aux hommes et aux femmes qui s’apprêtent à s’y installer.
Bien sûr ces hommes et ces femmes devront être forts et combattre, et lutter et mener des guerres pour s’installer, mais ce n’est pas le message que Moïse leur délivre. À la place, il va, encore et encore, insister sur trois idées, ce qu’on pourrait appeler « la leçon du Deutéronome ».
Moïse dit aux Hébreux : Viendra un jour où vous serez tranquillement installés sur cette terre. Viendra un jour où vous aurez une souveraineté sur ce territoire et, à ce moment-là, plusieurs choses vont vous arriver.
D’abord, dit Moïse, quand vous serez propriétaires terriens, vous devrez absolument récolter les premiers fruits de vos champs et, immédiatement, les apporter au Grand prêtre, les lui donner et vous en déposséder. Et vous devrez alors dire : mon ancêtre était un migrant, arami oved avi.
Étrange phrase de sédentaire, n’est-ce pas ? étrange façon de célébrer sa récolte que de s’en débarrasser.
Mais ce n’est pas tout.
Deuxième message du livre du Deutéronome : Moïse dit aux Hébreux Viendra un jour où vous serez installés sur cette terre. Et vous aurez soudain envie de placer à votre tête un roi, un chef, un leader, exactement comme le font les autres nations. Assurez-vous alors, poursuit Moïse, que ce roi ne soit pas trop arrogant. Assurez-vous qu’il n’ait en sa possession ni trop d’argent ni trop de femmes ni trop de chevaux.
Traduction de cette allégorie : assurez‐vous, dit Moïse, que votre chef ne soit pas trop obsédé par son pouvoir, financier ou militaire (représenté ici par les chevaux) ou par le pouvoir politique (symbolisé par les femmes, c’est-à-dire les alliances contractées avec d’autres territoires)
Et puis, troisième mise en garde du livre du Deutéronome, et celle‐là ne cesse d’être répétée : Moïse dit aux Hébreux Il arrivera qu’installés sur votre terre, vous deveniez idolâtres, et que vous rendiez un culte à d’autres divinités locales. Ces divinités cananéennes, dans le livre du Deutéronome, portent un nom particulier. On les appelle les Bealim. Le culte de Baal est le service d’un dieu cananéen. Oui mais voilà, ce mot, en hébreu, signifie autre chose : Baal signifie « propriétaire ». Le culte de baal, en hébreu, est donc littéralement le culte de la possession, de la propriété.
Je m’arrête là un instant pour m’assurer que vous entendiez résonner les mots, qui ne sont pas les miens, mais ceux du livre que nous lisons actuellement dans toutes les synagogues, ces mots qui doivent être lus chaque année, avant d’entrer dans Kippour. Le peuple aux portes de la terre promise et nous, aux portes des jours redoutables, nous devons entendre les mêmes choses :
- Toute souveraineté s’accompagne de menaces, tout simplement parce que toute force et toute installation s’accompagne de menaces : la menace de se croire propriétaire, la menace d’idolâtrer la possession, ou la force militaire, ou la puissance financière, ou le culte du chef…
- Et puis, Moïse enseigne, de façon paradoxale et puissante, que la première chose que peut faire un propriétaire sur la terre, est d’être prêt à renoncer à une partie à sa propriété, de donner un peu des fruits de son champ, et de se souvenir de sa migration, c’est-à-dire de sa fragilité et de tout ce que ses ancêtres n’ont pas possédé.
Et tandis que je lis ces textes, semaine après semaine à la synagogue, je ne cesse de penser à ce qui déchire aujourd’hui le peuple d’Israël et ce pays qui nous est si cher. La façon dont, pour certains, il faut le reconnaître, le sionisme est devenu synonyme de pouvoir, de puissance, de propriété, et la façon dont un parti d’extrême droite, aujourd’hui aux commandes de postes‐clé, s’est donné un nom étrange : le parti d’Itamar Ben Gvir s’appelle Otzma Yehudit, « la puissance juive ». Mais de quelle puissance est‐il question ? où nous mènera‐t‐elle exactement dans l’Histoire ?
Et voilà comment des leaders politiques affirment aujourd’hui représenter les valeurs juives, défendre un État juif, quitte à ce qu’il ne soit pas démocratique, en habillant leur judaïsme de noms ou de discours qu’on pourrait aisément qualifier de problématiques pour une certaine sagesse juive biblique ou rabbinique. Une sagesse de la vulnérabilité et une conscience d’un dialogue nécessaire, en nous, entre puissance et impuissance.
Et je sais ce que certains pensent ici, ou diront sans doute : Israël est menacé, et n’a peut‐être pas le luxe d’être impuissant, faillible et vulnérable. Il se doit d’être fort et engagé dans une combat de survie depuis des décennies… Certes et pourtant, par‐delà cette menace extérieure, il en est une plus terrifiante encore, celle que nous a déjà enseignée l’Histoire.
Car cette situation n’est pas sans précèdent historique. À deux reprises dejà, les Juifs ont connu une souveraineté sur la terre d’Israël et ont dirigé une forme étatique, à savoir un pouvoir politique, une continuité territoriale, une armée, et tout ce qui construit une souveraineté pleine et entière.
Petite leçon d’Histoire.
Il y a près de 3000 ans, fut établie la toute première souveraineté juive en Israël : une continuité territoriale, une armée, un chef on ne peut plus connu. Ce roi s’appelle David et, après avoir vaincu Goliath, il instaure un royaume qui unit les territoires de Judée et d’Israël, et il fait de Jérusalem sa capitale. David règne 33 ans sur Jérusalem, son fils Salomon prend sa suite et assoit son pouvoir pendant 40 ans. Le royaume est puissant. Le fils de Salomon, un certain Rehovoam prendra la suite du leadership – c’est la troisième génération à connaître le pouvoir et l’installation. Sous son règne, les tribus d’Israël se déchirent, le peuple s’affronte… Et voilà qu’en l’espace de deux ans, deux ans seulement les royaumes de Juda et d’Israël deviennent ennemis et se séparent l’un de l’autre. Fin de la première souveraineté juive sur le territoire complet. Se sont écoulés seulement 75 ans.
Mille ans plus tard environ, s’érige une deuxième souveraineté juive : les rois Hasmonéens règnent sur le pays, les héritiers des Maccabim et de l’histoire de Hanouka. Cette monarchie fondée en ‑140 de notre ère installa une pleine souveraineté, riche et puissante. Elle durera jusqu’en ‑63 lorsque, après des combats internes de la population juive, Pompée et les Romains prennent le pouvoir sur Jérusalem. Fin de la souveraineté ; 77 ans se sont écoulés.
Et il faudra attendre 1948 pour qu’une troisième souveraineté voit le jour, celle de l’État d’Israël que nous connaissons.
Mais écoutez résonner ces chiffres terrifiants : la première souveraineté a duré 75 ans, et la deuxième aussi, à 2 ans près.
Et voilà que la troisième est rongée aujourd’hui par les mêmes affrontements, de mêmes fanatismes qui surgissent, des visions du monde, du judaïsme et du sionisme qui ne parviennent à se réconcilier. Et voilà qu’Israël a 75 ans, l’âge où toutes les souverainetés précédentes se sont effondrées. Existe‐t‐il une malédiction ? Sommes‐nous tragiquement condamnés à répéter un scénario catastrophique ?
Pouvons‐nous trouver enfin comment ne pas séparer Juda et Israël, comment ne pas voir s’effondrer une maison qui nous est si chère ?
Pardon. Je voulais tant ne pas écrire le sermon que je viens de prononcer. Mais je n’y suis pas arrivée. Je crois qu’un défi nous est posé à tous aujourd’hui. À ceux, bien sûr, qui vivent là‐bas et qui doivent trouver comment vivre ensemble, mais aussi à nous qui vivons loin de là, qui avons l’avenir d’Israël à cœur, et qui avons le devoir, me semble‐t‐il de faire résonner la voix du Deutéronome, celle de Moïse qui, depuis la Diaspora, s’adresse à un peuple en chemin vers l’installation.
Et peut‐être lui dire, hors de l’Etat d’Israël : Il arrivera qu’une fois installé sur ta terre, tu te croies fort mais que, soudain, tu perçoives tes brisures… il arrivera que résonnent des voix apparemment irréconciliables, des tribus qui se détestent et aspirent à se séparer, et tu devras alors, plus que tout, chérir non pas la force mais la faille, non pas chercher l’unité, mais respecter les voix dissonantes qui résonnent en ton sein et qui pourront encore trouver un chemin de dialogue.
C’est ce même enseignement qu’à sa manière, un homme nommé Leonard Cohen, qui n’était pas combattant de l’armée israélienne, est venue faire résonner aux oreilles de soldats sur un champ de bataille, il y a 50 ans. Soyez conscients de votre force, mais aussi de votre fragilité.
Méfiez‐vous de la puissance quand elle vous mène simplement à vouloir écraser l’autre. Car sinon, qui dois‐je annoncer ? quel terrible avenir pourrait bien s’annoncer ?
Bien plus tard, ce même chanteur écrira un extraordinaire Hallelujah et bien d’autres chansons qui sont, à mon sens, de véritables prières….
Une d’entre elles dit la chose suivante : There is a crack in everything, that’s how the light gets in…, « Il y a une brisure dans chaque chose, mais c’est là que la lumière se faufile ».
Au cœur de l’obscurité de la nuit de Kippour, au cœur de l’obscurité du monde qui nous entoure, assurons‐nous où que nous nous trouvions de laisser un peu de lumière nous traverser, traverser nos doutes et nos convictions.
Puissions‐nous être inscrits dans le Livre de la vie.
Peut‐être que je dois commencer ce sermon de Kippour en vous demandant " pardon ". Pas simplement parce que c'est le jour du grand pardon, mais pour une raison plus simple, que je pourrais é...
Texte de, je ne sais qui… Incroyable, mais rien de plus vrai
Il faut être vraiment naïf ou sot pour penser que l'interdiction des colliers, quelqu'ils soient, va permettre de combattre la maltraitance. Il fût un temps où tous ces colliers n'existaient pas. Les chiens étaient-ils mieux traités ? Leur éducation se faisait alors à coups de poing, à coup de pied, à coup de coups de bâton, à coups de martinet, à coup de chaînes. Qui l'a oublié ? Qui l'ignore ? Il n'y a pas de colliers à piques, de colliers étrangleurs, de colliers électriques en vente dans les magasins, destinés aux femmes et aux enfants, il n'y a donc pas, peu ou moins de maltraitance à leur égard ? Les législateurs peuvent tromper avec des beaux discours, ils ne peuvent tromper avec les faits. La société actuelle est de + en + violente et incivile. Et ce malgré les exponentielles interdictions et lois censés les encadrer. Le fait d'interdire à outrance ne fait qu'exacerber les frustrations, les esprits et les actes. Une réaction de défense instinctive qui s'appelle une rébellion. Pour y répondre, l'État ne fait qu'intensifier, durcir. D'où l escalade de violence de part et d'autre. La spirale infernale ou l'histoire navrante du chat qui se mord la queue. Il n'y a pas de plus belle preuve qu'un État illégitime, irrespectueux et sourd aux revendications des citoyens engendre bel et bien une société peuplée de malades. L'alarme des services de psychiatrique le démontre. Mais circulez, il n'y a rien à voir. Aussi Chapeau bas, Mesdames et Messieurs les députés. Sic!!
Ps : On vous pardonnerait presque si l'on n'était pas littéralement saigné pour assurer vos indécents salaires Il est à noter que si ce "coup de gueule" concerne nos amis à quatre pattes, il est très facilement transposable aux êtres dits humains.
Franchement, haïr Israël, c’est super pratique. Pas besoin de réfléchir, pas besoin d’être cohérent, pas besoin d’aimer les faits. Il suffit d’un bon slogan et d’un compte Instagram ou TikTok. C’est devenu un automatisme pavlovien, un réflexe social, un marqueur de vertu.
On peut dire qu’Israël veut « occuper le Liban », et que la frappe conjointe d’Israël et des États-Unis mènera à la troisième guerre mondiale.
Quand rien ne se passe ? Ce n’est pas grave : Les faits, c’est secondaire. De toute façon, on vous réinvitera sur les plateaux de télé, comme grand « expert ».
On voit des libanais, des iraniens vous dire que l’ennemi, c’est la république islamique d’Iran. Ce sont des organisations terroristes. On préfère ne pas les entendre. Ce n’est pas pratique. Les prophètes modernes ne s’excusent jamais. Ils se félicitent !
On peut applaudir un cessez-le-feu, tout en exigeant que ceux qui l’ont permis soient poursuivis pour crimes de guerre. Et si le cessez-le-feu échoue, c’est, évidemment, la faute de Jérusalem.
Si l’armée israélienne frappe un commandant du hamas retranché sous un hôpital, c’est un crime contre l’humanité. Si elle prévient les civils, c’est de la guerre psychologique. Si elle ne les prévient pas, c’est un massacre.
Quand le hamas stocke des armes dans des écoles, c’est passé sous silence par tous les médias de France ou de Navarre. Quand Israël construit des abris anti-bombes, c’est du « suprémacisme » technologique, dont les palestiniens ne bénéficient pas.
Quand les juifs sont assassinés, on réclame du contexte. Quand des juifs se défendent, c’est « disproportionné ».
Si l’on appelle à la disparition d’Israël, ce n’est pas de la haine, c’est une colère légitime. Mais si un juif s’en émeut, il « instrumentalise ».
On ne parle plus d’antisémitisme, mais de « parapluie paralysant ». L’idée ? Les juifs auraient ce pouvoir magique de bloquer toute critique grâce à leur statut de victimes. On ne peut même plus haïr les juifs tranquillement.
Les larmes israéliennes sont suspectes. Leur joie, indécente. Quand deux jeunes juifs sont assassinés à Washington, on soupire : « Ils l’ont un peu cherché… génocide tout ça »
On tolère que certains juifs justifient les prises d’otages et les viols comme une « réaction au désespoir ». Mais si un israélien ose simplement dire qu’il a peur, il est accusé d’instrumentaliser la peur.
Et le plus beau ?
Vous pouvez tout dire, et son contraire. Féministe, sauf pour les israéliennes. Antiraciste, sauf pour les juifs. Anticolonial, sauf quand c’est la République Islamique d’Iran,.. Qui occupe le Liban, l’Irak et le Yémen ???
Vous n’avez jamais tort. Vous n’avez jamais à vous expliquer. Vous n’avez même pas besoin d’aimer les palestiniens. Il suffit de détester les israéliens. Ça vous donne un statut social et un défouloir psychologique.
Et ça oui, c’est très pratique…..
Pour finir, sachez que les palestiniens méritent beaucoup mieux que le hamas, tout comme les israéliens méritent mieux que leur gouvernement actuel. Mais voilà, c’est la guerre.
ce qui est intéressant dans le conflit israélo palestinien, ce serait de savoir : Mais qui était là le premier. Donc remontons de façon historique, l'histoire qui est en fait, l'histoire de cette terre.
- Avant, il y avait le protectorat anglais.
- il y avait même l'empire Ottoman et avant
— Il y avait les Byzantins. Et avant les Byzantins
- Il y avait les Romains. Et avant
- Il y avait les Grecs. Et avant
- Il y avait les Babyloniens. Et avant
- Il y avait les Cananéens, et avant
- Il y avait... un type qui est arrivé et qui a dit "ça, c'est chez moi"
Il s'appelait Abraham. Mais les musulmans, quand ils se sont réveillés, on dit "non, c'est Ibrahim.
Les juifs au cours de toute la vie ont juré, "non, c'est Abraham" et les musulmans toujours au cours de toute la vie affirmait que "non, c'est Ibrahim".... hey les gars !, c'est exactement la même personne!! Et c'est vérifiable en plus. Vous prenez n'importe quel rabbin, vous l'attrapez et hop, vous lui rasez juste la moustache, et qu'obtenez-vous ? bah un imam.
Ah si tout pouvait être traité sur les traits de l'humour, cela arrangerait certainement beaucoup de choses. Quoi qu'il en soit, s'il fallait remonter au temps des Byzantins et autres Romains, la Palestine fut une terre juive, c'est l'histoire, c'est le cours de l'histoire qui fait que les revendications de territoire se sont avérées, mortelles. Aujourd'hui, même les israéliens parlent de colonies et de colons, alors qu'en toute théorie, ils sont chez eux partout en Israël, y comprit à Gaza mais là, l'Onu à l'époque de la restitution de la terre, en a jugé autrement. Finalement, c'est l'onu qui a encore foutu sa merde...
Combien sont ils, recroquevillés sur eux-mêmes, enfermés au fond des geôles dictatoriales ? d’un régime totalitaire qui subtilise la pensée, la liberté, la vie dès ses concitoyens. Combien sont ils, oui, combien ? Privé de leur liberté, privé la seule chose qui soit digne d’être vécue, la liberté.
Il est là-devant son tortionnaire à attendre quand tombera le prochain coup, quand il aura à crier, à plier sous la douleur, tout ça parce qu’il ne pense pas comme la tête au haut de la pyramide qui gouverne. Il ne pense pas comme eux, non, il est différend, il est poète, maudis, il est homme politique, ou tout simplement écrivain, il a sa façon de penser, sa propre façon d’agir, et on lui brise les jambes pour qu'il ne marche au-delà de la ligne de conduite dictée par le tortionnaire. Il écrit, sa vie, sa passion, ses idées, on lui brise les mains pour éviter qu’il ne répande sa prose, ses vers, encore une fois ses idées qui pourraient être jugées subversives. Le peuple, lui, sait et musèle qu’il est, ne peut que se taire tout en pleurant ses enfants qui, au fond des prisons, se meurent de l’impuissance des états à agir.
Si on lui a cassé ses jambes, si on lui a brisé ses mains, que lui reste-t-il pour pouvoir s’évader à travers les barreaux de sa, si petite pièce ? Que lui reste-t-il, si ce n’est, sa tête ? Quel courage faut-il pour faire fonctionner cette tête lorsque l’on a tout perdu ? il faut aller chercher si profondément, si loin, que le commun des mortels ne peut y parvenir. Pourtant, lui, il l’a trouvé cette force, lui, il puise en elle, parce qu’il n’a plus rien d’autre que sa tête pour penser, pour réfléchir, pour agir, que sa tête. Sur les murs de sa prison, il frappe avec sa tête, je ne peux pas oublier la chanson de Balavoine qui le chantait si bien. On a souvent l’impression que cela ne peut exister, ou que cela n’a pu exister, mais c’était encore, il y a peu, en Argentine, au Chili, ou même en Espagne. Mais ce n’était pas l’apanage des pays latins, non du tout, de nombreux pays du bloc dit soviétique à l’époque pratiquaient toutes ces choses. Les prisons staliniennes regorgeaient de ces gens-là, de ces pestiférés d’état. Pour éviter de tomber dans la banalité, dans les clichés, il est bien difficile de parler de cela, il y aura bien les érudits de telles ou telles causes qui viendront y mettre leur grain de sel, à tous ces gens, tous ceux qui savent parler de politique, et qui rarement y mette le cœur pour ça, je leur dis de garder leurs beaux discours. Je n’ai besoin de personne pour faire passer mes opinions. Je crois que nous sommes gangrénés par les biens pensants de l’exode, ceux qui savent mieux que les autres, ceux qui nous donnent des leçons de m…..
Celui qui est au fond de sa prison, se fout pas mal de ces leçons, il a juste besoin qu’on pense à lui, pour qu’il puisse frapper encore plus fort avec sa tête grâce à la résonance qu’on lui apportera.
‘’ Oh vous les arracheurs de dents, tous les cafards, les charlatans, les prophètes ‘’
‘’ Comptez plus sur oncle Archibald, pour payer les violons du bal à vos fêtes ‘’
Quel rapport ? Aucun, je me comprends….
En tout cas, étant un ardent défenseur de la liberté, je ne peux accorder aucuns pardons à quiconque fera qu’on étouffe cette liberté. Mais savez-vous qu’en France aussi, il arrive qu’on l’étouffe ? N’avez-vous pas remarqué que depuis quelques années, le bien pensant est revenu, que ce qu’on appelle le politiquement correct est tout à fait présent, alors, révoltez-vous, et ne soyez pas politiquement correcte, pulvérisez les idées toutes faites, et par respect pour ceux qui sont morts sous les balles de l’état, ne marchez pas au pas ! ne soyez jamais dans le rang !
Sortez des sentiers battus, prenez les chemins de traverse de la pensée, et ne les laissez jamais vous rattraper. La liberté a un prix, celui qui consiste à souvent mourir pour elle. Qui est prêt à mourir ? J’entends déjà les quolibets sifflant à mes oreilles « et toi es-tu prêt à mourir ? » venez me prouver le contraire.
On serait tenté de se demander, mais pourquoi un tel article ? Et pourquoi pas ? je crois que tant qu’on peut défendre la liberté, on se doit de le faire. Le cheminement des idées peut être un peu tortueux, vous savez ce qui m’a inspiré cet écrit ? Non, bien sûr, vous ne pouvez pas le savoir, c’est tout simplement l’image du pape qui allait mourir. Fou non ? Moi qui suis totalement athée, oui l’image de cet homme sur qui on était en permanence, à t’il eu la liberté de mourir tranquillement ? Non, on l’a enterré, alors que son corps vivait toujours.
La liberté, c'est aussi respecter l’autre, il paraît que notre liberté commence là où celle de l’autre s’arrête. Ce qui implique donc une fin à la liberté de quelqu’un. Ça ce sont les esprits simples qui pourraient le dire, non c’est juste une question de respect.
Pour qu’on soit libre encore et pour toujours, respectons-nous les uns les autres…….
Même s'il faut relativiser, la France n’étant pas l’Argentine ou le Chili,
On n’est pas près d’être libre, moi je vous le dis !
L'histoire, c'est en fait ce qui fait que nous sommes, ce que nous sommes Quelque soit l'histoire d'un pays, d'un peuple, elle est là et elle ne peut être contestée puisque vécue. Lorsqu'elle est quelque peu malmenée par des gens qui le font sciemment comme des négationnistes, elle peut prêter à confusion, mais lorsqu'elle est pure et limpide, même si le cheminement peut être quelque peu sinueux, ont fini toujours par apprendre. Non, le retour des juifs en Israël n'est pas une lubie de l'après Shoah… non, la résilience énorme de ce peuple a fait qu'ils ont dit oui à quelque chose envers laquelle ils n'en ont été qu'autorisé. Mais oui, la terre d'Israël, Palestine y comprit, fut bien une terre juive avant que les juifs ne furent jetés sur les routes du monde.
On comprendra à l'issue de cette vidéo pourquoi Israël ne pouvait faire autrement que d'attaquer Gaza, ni aujourd'hui l'Iran… On comprendra beaucoup de choses en géopolitique sur la région et ce pourquoi nous nous posons beaucoup de questions. On pourra se demander pourquoi le hamas a attaqué des civils, femmes, enfants, vieillards, hommes en les massacrant de façon juste, horrible ! On se demandera même s'il ne l'a fait que dans un seul but, qu'Israël réplique et détruise Gaza, car le but ultime du hamas, serait la destruction de Gaza. On comprendra pourquoi, les seuls qui en aient tiré du profit, c'est tout simplement, l'Iran qui se croyant invincible parce qu'ils allaient avoir enfin leur bombe atomique, mais qui n'ont pas pensé, qu'Israël, ne les laisserait pas faire, comme nous n'aurions pas dû les laisser faire depuis si longtemps. Enfin bref, on comprendra beaucoup de choses.
Il y a différentes sortes de guerres, ce qui peut paraître étonnant. La guerre nucléaire, déjà pratiquée par les USA sur le Japon. Il y a la guerre numérique, fortement pratiquée par tous les hackeurs, qu'ils soient russes ou autres, et puis il y a la guerre dite, traditionnelle, parce que nous sommes capables, nous les humains, de faire d'une guerre, une tradition. C'est assez étrange n'est-il pas ? Et pourtant dire qu'une guerre est une "guerre traditionnelle", revient à ça. Évidemment, nous ferons la différence, car nous avons un brin d'intelligence tout de même.
Alors pourquoi un tel article ? Tout simplement parce que dans les guerres, il y a toujours un dénominateur commun qu'est, la population civile. C'est elle qui trinque, c'est elle qui souffre, c'est elle qui pleure et c'est enfin elle, qui est, parfois, en désaccord avec elle-même. Je citerai un exemple, et c'est plus que d'actualité, le cas d'Israël et de son peuple.
On le sait et peut-être en parlerai-je ultérieurement, mais le peuple israélien ne fait pas l'unanimité dans cette guerre que le pays mène contre le hamas. Une partie de plus en plus importante juge, et sans doute à juste titre, que cette guerre contre ces terroristes, est devenue une guerre personnelle entre le hamas et Benyamin Nétanyahou, une guerre que le peuple juge aujourd'hui inutile et meurtrière. Il reste des otages aux mains du hamas et qui sont, dans un état déplorable, au fond des tunnels. Il faut savoir, que l'on ne délivre pas des otages par la force, lorsque ça dure, mais bien par la négociation. Tous les otages libérés l'ont été grâce à la négociation et peu importe ce qu'elle est. Utiliser la force, aujourd'hui, est devenu une façon de dire au monde entier, "Je ne veux plus de Palestiniens aux portes de chez nous", donc la solution serait, les pousser à partir (comme furent obligés les juifs dans des temps reculés, la Palestine étant une terre juive). Il faudrait donc arrêter cette guerre. Une autre partie du peuple israélien est pour continuer cette guerre. On constate que ça ne fait donc pas l'unanimité et c'est peut-être ce qui fait que le 1er ministre continu la guerre, appuyé par les ministres ultra-extrémistes du likoud. Ça, c'est pour Gaza.
Si on prend maintenant la guerre contre l'Iran et qui, si elle continue, fera de nombreuses victimes des deux côtés puisque pour le moment l'Iran riposte en frappant les populations civiles israéliennes. Mais voilà, le peuple israélien a cela de particulier, c'est qu'il est très obéissant lorsqu'il est en danger et se range derrière son gouvernement et surtout l'écoute. Ce même gouvernement qui guerroie contre le hamas à Gaza et pour lequel, le peuple est contre. Ce dernier fait l'unanimité ! il y a un consensus quasiment à 100% pour qu'Israël, poursuive sa guerre contre l'Iran jusqu'à ce que le pays soit délivré du mal fait par les mollahs. Pourquoi ce consensus ? Tout simplement parce que les israéliens savent que la menace était imminente et une menace nucléaire ! L'Iran des mollahs n'aurait pas hésité une seconde à employer l'arme nucléaire. Il fallait stopper cela de suite, car les mollahs y étaient presque. Il s'agissait de survie totale. C'est ainsi que le peuple a fait force et union derrière un gouvernement qu'il combat pour "leur" autre guerre.
Ce sont des paradoxes comme ceux-là qui fait la vie d'un pays politiquement parlant et parfois sur des sujets graves. Mais qui sommes-nous pour juger ? Et saurions-nous juger équitablement ? Je n'ai à ce jour, pas la réponse.
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur."